MOLIÈRE, PIERRETTE, BRÉCOURT, DUPARC
BARON. (Brécourt et Duparc apportent des bouqnets. )
BRÉCOURT, embrassant Molière.
Nous te venons apporter une bonne, une grande nouvelle
pour le jour de ta fête ; Ducroisy et la Th'orillière sout revenus du camp du roi cette nuit !
Ah ! vraiment, déjà 1
BRÉCOURT
Ils sont venus frapper à notre porte en nous disant que , rompus de fatigue , ils allaient se mettre au lit ; mais qu’ils nous chargeaient de t’apporter la permission de jouer Tartuje devant les Parisiens, et la voici !
MOLIÈRE, ouvrant la missive.
Enfin , ah ! mes amis, quelle affaire dans ma pauvre vie que ce Tartufe !
PIERRETTE
Ah ! enfin, nous allons donc jouer Tartufe!
DUPARC
Je te l’avais bien prédit que cela tournerait à mal, et que tu serais abandonné du roi lui-même. ,
Qui l’eût pu croire, qu’un roi si puissant, si absolu, et que l’on traitait comme un dieu , aurait moins de pouvoir en son royaume qu’une bande de frénétiques enragés d’hypocrisie et de vengeance! Mais ne nous plaignons plus, puisqu’à la fin justice nous est rendue , et que voici l’ordre de jouer signé de la main du roi.
DUPARC
Il est bien temps, après des années d’oubli ou de lâcheté ! Ton grand roi, Molière, est un Tartufe lui-même.
BRÉCOURT
Tout beau, Duparc ; le roi....