‹ Molière Essai médicalChapitre 14 sur 30 · PES · texte numérisé non relu

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Le succès de l'Amour Médecin aurait pu, sans doute, en 1665, lui redonner courage un instant. Mais sa santé bientôt l’obligeait à s’aliter : le 27 décembre de cette année les portes du Palais-Royal furent fermées. Molière avait usé ses forces en une trop prodigieuse activité. La maladie qui le guettait depuis la naissance signalait pour la première fois, avec éclat, sa présence. Aux souffrances morales qui délabraient son esprit, venaient s'ajouter les souffrances physiques, celles-ci devant augmenter ceiles-là.

Le bruit de sa mort se répandit.

Molière allait vraiment très mal. Il avait, nous dit le docteur Fauconneau-Dufresne « une fluxion avec crachement de sang (c’est de pneumonie ou de broncopneumonie qu'il s’agit). Pendant une crise d’oppression on l'avait saigné jusqu’à quatre fois dans un jour ».

Sa poitrine avait toujours été « faible el susceptible »; elle n'avait pas résisté aux fatigues qu'il s’'imposait, aux courants d’air des coulisses que lhiver rendait plus dangereux encore.

Mauvillain institua un traitement symptomatique qui, avec le repos prolongé et les « faveurs du hasard » eut heureusement raison de la maladie.

C'est à cette époque probablement que s'installa définitivement cette toux fréquente que l’émétique ne put jamais guérir et qui était la signature du mal dont Molière était atteint.

Cette toux, d’ailleurs, n’empêcha pas le malade de se remettre à l'œuvre.

« Les hommes de cette nature peuvent-ils ralentir

Ce

leur activité el tempérer leur ardeur pour la gloire !

Semblable en cela aux médecins eux-mêmes, il n'avait pas le temps de se constituer malade (1). »

Le 21 février 14666 le Palais-Royal ouvrait de uouveau ses portes. Molière remontait sur les planches. Sa fluxion pouvait être guérie, son moral restait atteint.

D'abord c'était Racine qui venait de l'abandonner. Après le Thébaïde, Molière avait monté son Alexandre au Palais-Royal. Mais le poète tragique ne fut pas satisfait de l'interprétation. Il porta secrètement sa pièce chez les comédiens rivaux. Et quinze jours après la création, le soir de la quatrième représentalion d'Alexandre au Palais-Royal, l'Hôtel de Bourgogne, de son côté, l’affichait.

Le procédé n’était pas élégant.

C'était pour le moins une trahison d'amitié ! (Racine, d’ailleurs, ne devait pas s’en tenir là. Bien qu'il ait trouvé mal jouée sa tragédie chez Molière, il y était tombé malgré tout en extase devant le talent et la beauté de la Du Parc. Il était jeune et très beau : son interprète, dit-on, l’aima. En 1667, sur les instances de son amant,elle quitta Molière pour l'Hôtel de Bourgogne. Elle mourut l’année suivante le 11 décembre 1668, empoisonnée disent les uns ; des suites de manœuvres abortives, disent les autres, Racine suivit son cercueil en pleurant),.

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