Docteur Fauconneau-Dufresne, Union Médicale
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Eu attendant le passage d’A/exandre à l'ennemi suffisait déjà pour affliger Molière.
Une déception bien plus grave lui était encore réservée au début du printemps de 1666. Cette déception c'était d'Armande qu’elle allait venir.
Depuis /a Princesse d'Elide en mai 1664 qu'était donc devenue la jeune femme ? Que s’était-il passé depuis les fêtes de Versailles entre elle, Molière, — et les autres 2...
L'auteur de la Fameuse Comédienne s'est chargé de nous renseigner... Mais il a peu de ménagements, comme on sait, pour son héroïne.
D'après lui le ménage allait très mal.
Il fait même remonter l’inconduite d'Armande au lendémain du mariage ! Son premier amant aurait été l’Abbé de Richelieu qui lui donnait quatres pistoles par jour. « L’abbé ne manquait pas de lui envoyer tous les malins par un page, le gage de leur traité et de l'aller voir toutes les après-dinées. »
L'histoire est savoureuse. Les bons comptes ne fontils pas les bons amis comme l'assure le dicton ! Mais l'avénture hélas, n’est que médisance : Molière qui n’était pas aveuglé ÿ ést vraiment un peu trop oublié.
En tous cas, /4 Fameuse Comédienne certifie qu'après les fêtes de Versailles Armande était folle du Comte de Guiche, qui ne répondait guère à son enthousiasme.
Elle allait, tout en pleurs, chez la Du Parc, «à qui elle confiait l'indifférence que le comte avait pour elle ».
Lauzun, un lieutenant aux gardes, ét quelques jeunes
gens (on ne sait pas combien) s’entendirent pour la consoler.
L'abbé de Richelieu, si bien trompé, se vengea en faisant « apercevoir à Molière que le grand soin qu'il avait de plaire au public l’'empêchait d'examiner la conduite de sa femme ; et que, pendant qu’il tra-
vaillait pour tout le monde, le monde travaillait pour
Jui ».
Naturellement Molière fit une scène à Armande. Mais depuis la Princesse d'Elide, son premier grand rôle, elle savait trop bien déjà jouer la comédie pour s’alarmer si vite...
Elle jure et pleure avec tant d’art que Molière ne peut que la croire, et pardonner.
Accalmie.
Au début d'août 1665 une fille leur naissait qui fut baptisée à Saint-Eustache et qu'ils appelèrent Esprit Madeleine. La marraine était Madeleine Béjart et le parrain Esprit Rémond de Modène. (Le chevalier de Modène avait été l'amant de Madeleine Béjart avant qu'elle n'ait rencontré Molière. On pense que ce parrainage signifie que M. de Modène était le père naturel d’Armande, comme Madeleine était sa mère pareillement naturelle. Ce serait alors une preuve nouvelle de la maternité de Madeleine, «la preuve par le baptème de sa petite fille » dit Maurice Donnay. Il ajoute très juste-
“ment que le «parrainage de M. de Modène pouvait faire cesser les bruits qui couraient toujours de la paternité de Molière, quant à Armande »).
Quoi qu'il en soit, la naissance d’Esprit-Madeleine