Régis, Jean-Jacques Rousseau (Chronique Médicale
Es F,
provoquent pas, mais qu’ils subissent, irrésistiblement.
C'est dans cette seconde forme d'hypocondrie que se place évidemment, l'hypocondrie misanthropique.
Tantôt le misanthrope envie les autres hommes, tantôt il les méprise, tantôt il les hait. [l y a ainsi trois variétés cliniques de la misanthropie. Dans la première, le neurasthénique souffre de voir les autres gais, heureux, bien portants ; il les jalouse de leur chance et leur en veut. Dans la deuxième il les plaint d’être assez quelconques pour se satisfaire d’une vie qu'il trouve stupide et ridicule ; il les méprise et constate avec orgueil sa supériorité ; il est fier de souffrir plus que les autres ; aussi analyse-t-il sa douleur avec une volupté masochique. Enfin, dans la troisième variété, il ne voit parlout que vice et méchanceté, hypocrisie, égoisme, libertinage ; à chaque instant et pour un rien il décharge sa bile et sa colère contre l'humanité tout entière. C’est la misanthropie proprement dite.
Molière en créant Alceste a donné, sans s’en douter, le type exact de cette dernière variété de neurasthénie. Il en a merveilleusementdécrit les principaux symptômes,
Dès le lever du rideau, l’aîtitude d’Alceste est caractéristique : il est assis à l’écart et paraît plongé dans de tristes pensées. Un ami s'informe des raisons de sa tristesse, mais il le repousse avec colère. Il est triste et il tient à sa tristesse ; il est solitaire et il tient à sa solitude :
PHiiNTE : Qu'est-ce donc ? Qu'avez-vous ?
ALCESTE : Laissez-moi, je vous prie.