FALL
probabilité; les motifs du diagnostic : « phtisie pulmonatre » sont infiniment plausibles ; notre immortel génie a dû être la victime de l’épuisement tuberculeux. »
Aujourd'hui, tout le monde est d'accord : Molière a succombé à la tuberculose pulmonaire.
Cabanès l’a d’ailleurs précisé, magistralement.
«Il ne s’agit pas, ici, en réalité, d’un anévrisme de l'aorte, comme la cru Folet, d’un anévrisme rompu dans la trachée, — mais bien de l’anéorisme de Rasmussen, c’est-à-dire d’une ectasie développée aux dépens de l’artère pulmonaire, mais non fournie par la dilatation de la paroi artérielle.
« Il ne saurait être ici question d’une affection cardiaque comme d’aucuns l’ont présumé :
« Molière était dyspnéique de par la tuberculose de son poumon ; l’hémorragie terminale à laquelle 1 a succombé” est due à la rupture d’un anévrisme d’une branche de l'artère pulmonaire, développé dans une caverne.
« Ces anévrismecs, bien décrits, y a une trentaine d’années, par un médecin suédois, lasmussen, dont on a donné le nom à cette affection, ne sont pas très rares (1). »
Ces anévrismes sont minuscules, ils ne dépassent pas le volume d’une fève. [ls se produisent seulement lorsqu'une branche de l'artère pulmonaire se trouve en contact immédiat avec une caverne tuberculeuse, La paroi artérielle se dilate alors peu à peuau point dénudé. Cette dilatation forme une petite poche qui se rompt
1. Docteur Cabanèës, Les indiscrétions de l'Histoire : La revanche de Diafoirus (Albin Michel, Paris),
facilement à la suite d’un effort ou d'une congestion. L'anévrisme de Rasmussen est une complication assez fréquente de la tuberculose pulmonaire. Il n'est pas impossible que Molière en ait été victime. Cabanès discute ainsi son diagnostic :
« Une congestion pulmonaire,sans lésion préalable d’un gros vaisseau, ne pourrait produire une hémorragie capable d'amener la mort en moins de deux heures ; tandis que, dans l'hypothèse d’un anévrisnie caverneux concomitant, cette terminaison s'explique très bien. Avec un anévrisme de l’aorte, la mort eut été beaucoup plus rapide. »
La seule objection qu'on pourrait faire à cette hypothèse est que l’hémorragie de Molière a commencé bien après la cessation des efforts qu'il avait faits pour jouer son rôle. Mais il n’est pas impossible que la poche anévrismale se soit d'abord fissurée et se soit rompue seulement enfin qu'un peu plus tard.
M. le pr fesseur Ménétrier, qui a fait une étude très complète de l'anévrisme de Rasmussen, a plusieurs fois rencontré un processus terminal identique.
On peut donc accepter l'hypothèse de Cabanès comme élant la plus logique : Molière est mort d’une rupture d'anévrisme de l'artère pulmonaire dans une caverne tuberculeuse.
Molière expiré, la question de la sépulture se posait alors. Excommunié par le fait de sa profession et n'ayant pas eu le temps de se confesser, il devait être
TPE RES