‹ Molière et Gui PatinChapitre 26 sur 45 · ÉTÉ · texte numérisé non relu

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““louble point de vue que l’on peut s'expliquer l’opi- “niâtreté de résistance aux idées nouvelles, l’acharne- “ment entre les partis, et les ridicules qui en résul- taient. |

le calme, abritée par ses statuts, par des règles de discipline aussi puissantes que sévères. Si l’anti- “moine, le point noir de son horizon, avait provoqué “en 1615 le renouvellement du décret qui l'avait pros-:

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crit déjà en 1966, il ne remplissait encor, à l'heure actuelle, que le rôle de ballon d'essai de l'hérésie | nouvelle, à savoir : l'introduction de la chimie dans la thérapeutique. Les compositions arabesques n’a vaient guère que le caractère de moyens empiriques" exploités par les charlatans.

Le maintien, dans toute leur intégrité, des priviléges de la Faculté, eut aussi une grande part dans ces agitations , aussi bien que le refrènement des apothicaires et des chirurgiens. Mais les grands coups furent portés surtout pour la défense de l'arche sainte des doctrines de l’École. Depuis son origine, c’est-. à-dire depuis plus de deux siècles, l’École de Paris dont Gui Patin était la vraie personnification, faisait des dogmes d'Hippocrate sa religion médicale. Ellen avait pu admettre la doctrine des quatre humeurs de Galien qui se rattachait à celle des quatre éléments du père de la médecine. Sielle conservait de l’admi« ration pour Fernel, elle le blâmait pour sa croyance aux causes occultes dans les maladies et les agents médicamenteux. Dès lors, quelles monstruosités ne. devaient pas représenter pour elle le panthéisme ou tré de Paracelse, l’archée de Van Helmont, les fers | ments de LA ! é

L'École de Paris, dans ses doctrines, HS donc le dieu oies J1 fallait un imitiateur pour la sortir de l'idéal dans lequel elle s'était ancrée. Ce. survenant fut Renaudot.

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… Certes, il était loin de s’annoncer et de se produire comme un réformateur à hautes vues, comme un génie apportant des théories nouvelles. Théophraste Renaudot n’était qu'un homme essentiellement pratique, une incarnation de l’industrie, un esprit qui devançait son époque, poussé par des aptitudes toutes spéciales et, il faut bien le dire, par des vues mer-

. cantiles et des sentiments de lucre.

Ce n’est pas dans les lettres de Gui Patin que l’on

peut s’édifier sur le compte de Renaudot. La biogra-

phie qu’il en donne se montre suspecte, et ses portraits sont odieusement chargés. Gui Patin s’y pose trop manifestement en juge et partie intéressée. Pour connaître Renaudot, nous l’examinerons dans ses

“œuvres. Nous ne donneronsles dépréciations de Gui

Patin, à son égard, que sous toute réserve de leur

… exagération. C’est pourquoi il nous a paru nécessaire

de résumer dans unenoticetrès-succincteles actes les plus saillants du grand agitateur qui, par les troubles qu'il jeta dans la Faculté, prépara des éléments aux

. satires de Molière.

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Au xvri° siècle, la Faculté de médecine de Paris n’était guère abordable qu'aux jeunes gens riches de la province ou aux résidants de la capitale. Les

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épreuves, si multipliées alors, pour arriver au doc- … torat ne duraient pas moins de sept ans. La Faculté \ de Montpellier, au contraire, admettait deux classes « d'étudiants : pour les uns, ceux qui voulaient pratiquer la médecine à son siége même, elle avait « aussi des épreuves sévères et prolongées ; pour ceux qui devaient exercer en dehors de son rayon, elle expédiait vite. [l en résultait ainsi des médecins à« deux degrés.

Théophraste Renaudot se trouvait dans la catégo-« rie de ces derniers. Il avait quitté Montpellier, en 1610, pour aller s'établir à Loudun sa ville natale. « Là, il se lia d'amitié avec le Père Joseph, capucin, « qui devait devenir le secrétaire et le confident du” cardinal de Richelieu et se rendre célèbre sous le titre de l’Éminence grise. :

Renaudot partageait avec le père Joseph l’avantage d’être compatriote de Richelieu. Gette circonstance constitua pour lui le plus puissant appui.

En 1612, sous cette double égide, il gagne Paris,« où les statuts de la Faculté ne lui permettaient pas" d'exercer la médecine en tant que médecin de Mont-w pellier ; mais ces statuts devenaient muets devant les titre de médecin du Roi. Ce titre, qui n’était qu’honorifique et nullement effectif, il l’obtint sans peine et son installation se fit en pleine sécurité.

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