‹ Molière et Gui PatinChapitre 36 sur 45 · NE · texte numérisé non relu

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La lettre qui annonce à Spon la mort de sa belle-" mère a quelque chose de pénible à entendre: +.

Elle mourut sur le soir, fut enterrée le lendemain avec | beaucoup de cérémonies, ut fit apud nos, fort inutiles et. superflues, ut pote quæ polius ad morem, quam ad rem per-. tineant. Nous ramenâmes ici le lendemain le bonhomme“ son mari, qui est plus décrépit qu’elle, combien qu'il soit" de quelques années moins vieux : da dementiam senilem DroRe redoghes miseram vitam trahit. On nous fait espérer) qu'après sa mort nous aurons une grande succession : quod.… utinam tandem contingat ! On nous fait ici de grands habits Ë de deuil à la bourgeoise, quod invilus patior; mais c'est. qu'il faut hurler avec les loups et badiner avec les. autres! L. bêtes. Non minima pars est humanœæ sapientiæ posse pat) ineptias hominum; et ceux qui ne s’y peuvent accoutumer ou ranger n’ont qu'à faire comme a fait ma belle-mère + 0) migrandum est, unde negant redire quemquam. C'était unen excellente femme dans le soin du ménage et dans la peine qu’elle y a prise. Pour sa grande économie, il eût mieux valu que son mari fût allé le premier; mais, sic placuu su. peris, quærere plura nefas. Je ne me saurais donner la peine de la pleurer beaucoup, vu qu elle était trop vieille et trop souvent malade. %

Six mois auparavant, son beau-père avaitété sn d’une pneumonie grave. Après avoir détaillé avec

complaisance les succès de huit saignées subies par. ce vieillard de 80 ans, il ajoute: !

Bien des gens auraient peine à croire cela et croiraients plutôt quelque fable d’un julep cordial, Il m’en témoignes bien du contentement, mais, quoiqu'il soit fort riche, il ne

rice sont toujours de bonne intelligence : ces gens-là ressemblent à des cochons qui laissent tout en mourant et qui ne sont bons qu'après leur mort; car ils ne font aucun bien pendant leur vie. Il faut avoir patience; je ne Jaisserai pas . d'avoir grand soin de lui. Dieu m'a donné le moyen de me passer du bien d’autrui et de vivre content jusqu'ici sans lavoir jamais pensé à mal ; il ne m’ennuiera jamais de sa * longue vie.

On lit aussi dans la notice de Réveillé-Parise:

« Une de ses qualités était d'aimer à dire, à signaler l’utile, même avec témérité. »

Cette appréciation nous semble irréfléchie ; car,

-de la part de Gui Patin, l’utile se trouvait souvent en butte à un parti pris, à des préventions mal fondées, -à des complaisances. Pourquoi combattait-il avec ‘tant de passion la chimie nouvelle ?... Parce qu’elle était fille de l’alchimie, sans doute... Mais, ce grand “ami de l'utile s'est-il fait un devoir de jeter seule- “ment les yeux sur cette science naissante ? a-t-il “songé à l’éprouver, à la soumettre à la moindre “éiude, à la moindre expérimentation ? Loin de là, il - n’a su lui opposer que la négation la plus inerte, et “se retrancher dans une résistance passive que rien ne justifie.

…. Pourquoi n’adopte-t-il ni ne rejette-t-il entièrement Da grande découverte de Guillaume Harvey ?... Parce “qu'il voulait complaire à son protecteur Riolan. Est-ce bien là qu’il a mis «son esprit, son courage et sa plume au service de la vérité ? »

Dr NIVELET 8

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