‹ Molière et Gui PatinChapitre 37 sur 45 · POLE SE · texte numérisé non relu

POLE SE

Que Réveillé-Parise vante sa tévbe morale, la ‘4 fermeté de son caractère dans l’accomplissement den ses fonctions de doyen; qu’il ie représente s identi-. fiant à sa position de haut dignitaire, caput facultatis, vindeæ disciplinæ, custos lequm; là Gui Patin est vails lant dans son rôle de défenseur des droits et des prés

gatives de la Faculté et de la corporation. :

vas où est passée cette énergie en présence de. certains a qui ressortent de ses lettres ? É

* a Ses lettres vont nous po :

À Spon, 17 septembre 1649.

M. Mosnier, ami de M. Duprat, me vient de donner avis. qu'un sien ami, chirurgien à Lyon, nommé M. Hébert, l'a averti qu’on imprime à Lyon un livre contre moi, intitulé Patinus fustigatus, dont l’auteur est un nommé Arnaud, médecin de Montpellier. Cette nouvelle ne m'étonne ni new me surprend pas. Novi contentiosum ingenium infelicis S-. culi, ad quod me Deus reservavit ; maïs en attendant que jes puisse voir ce chef-d'œuvre, je vous prie de m’enseigner qui est cet Arnaud, de vueilé vie et de quel Âge, quel est. son dessein; si vous le pouvez savoir, pourquoi il écrit" contre moi : si c’est en faveur des chimistes ou des apothi-. caircs, ou si c’est qu'il entreprenne de réfuter toutes les vérités que j'ai mises en mes deux thèses, ou bien si € est contre mes mœurs et ma personne, S'il me dit des injures je les lui laisse et lui pardonne ; s’il me dit des vérités et” des raisons, de sorte que j'y puisse apprendre quelque

nn dé cie:

Ml nor res mu

. chose, je lui en saurai gré ; s’il mérite réponse, je la lui . promets, pourvu que j'en aie le loisir.

À Falconnet, 4 octobre 1650.

Je reconnais fort bien en votre personne ce que j'ai déjà souvent découvert en d’autres pins, que nous n’ayons rien de si précieux en notre vie qu'un bon ami, Le bon- “homme Cicéron a dit quelque part : Per amicos res secundæ -ornantur, adversæ sublevantur, Votre bonté m’en fournit une nouvelle preuve très-certaine, par la peine que vous avez prise de voir M. Arnaud et de conférer avec lui pour moi, dont ; Je vous remercie très-humblement., Je vous dirai 70 pour ce que vous me mandez de lui, que je le trouve -bien plus raisonnable en ce que lui-même vous a dit, et au

billet que vous m'avez envoyé écrit de sa main, qu’en ce qu on m'avait mandé du titre qu’il prétendait diner à son livre ; ce titre était nement sAPique, diffamatoire et capable de faire faire un procès, tant à l’auteur qu’à l’impri- -meur, en faisant condamner l'i imprimeur à l'amende et l’ou- -vrage au feu ; au lieu que, hors le titre i injurieux, M. Arnaud pourrait défaire sa chimie et impugner ma thèse, laquelle en ce cas je serais obligé de défendre et de fait je le ferais de bon cœur si les objections en valaient la peine. L'affaire, que l’on croirait arrêtée d’après cette Jetire, ne l’est pas encore d’après la suivante :

À Spon, 18 octobre 1650.

J'ai aujourd’hui appris que le livre de M. Arnaud contre “moi est un in-quarto ‘hi sera gros, et ne peut être achevé si tôt ; qu'il est intitulé à chaque page : Patinusver beratus.

Voilà un titre manifestement satirique, scandaleux et diffaprone. Je vous prie d'en conférer avec MM. Garnier et

Falconnet, et leur dire que je crois qu'il faut agir contre

lui et contre l'imprimeur, nomine injuriarum, ce titre étant purement diffamatoire. Je serais bien curieux de savoir pourquoi cet homme m'en veut, et quel tort je lui ai jamais M

fait, ou à lui ou aux siens.

Une seconde lettre à Falconnet est humble et quasi: suppliante :

2 décembre 1650.

Je vous remercie de la Chimie de M. Arnaud, laquelle .

j'examinerai de bon cœur dès que je l'aurai. Je vous prie de trouver bon que je lui fasse mes très-humbles recom- J

mandations, et de l'assurer que je veux être son ami et son É serviteur, s'il l’a agréable. Ma thèse ne doit point l'irriter : contre moi, vu que je n’en veux qu’à l'abus de la chimie, et au désordre que nos chimistes de deçà commettent tous ÿ

les jours par leur effronterie et leur ignorance. Je n'ai

garde de blâmer M. Arnaud, que je ne connais point; mais

c’est autre chose de l'antimoine, qui fait ici beaucoup

d'homicides tous les jours.

La troisième lettre à Falconnet exprime une satis-n

faction complète:

30 décembre 1650.

Je vous remercie de toute mon affection de la peine que

vous avez prise de me rendre ami de M. Arnaud; il ma

envoyé une lettre toute civile; voilà que je lui fais réponse.

Je pense qu’à l'avenir, par votre moyen, nous serons tou-

jours bons amis; je vous prie de la lui faire tenir, et de.

l'assurer que je suis son très-humble serviteur, et que je le

serai toute ma vie : tâchez qu’il vous montre celle que je

lui écris.

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