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} Grâce à cet excellent ami, Gui Patin respire plus * à l'aise. On voit combien il redoute pour lui-même ces étrivières qu'il applique aux autres si volontiers. » On comprend dès lors pourquoi il recommande assez » souvent le silence et le mystère sur les faits qu'il dévoile dans sa correspondance. C’est que, s’il aime . à fustiger, il redoute d’être fustigé.
Le plus comique encore, dans cette affaire, c’est “ Ja manière dont il en rappelle, quatre ans après, le + souvenir à son ami Spon.
” Le 26 mai 1654, il lui demande gaiement:
Qu'est devenu notre Provençal chimiste, M. Arnaud, qui était arrêté à Turin dans les prisons de l’Inquisition ? En est-il sorti ses braies nettes ?
"Et quatre ans ensuite, le 27 août 1658, il lui pose cette question qui amène un flot de bile contre les chimistes : |
… Mais, à propos de moines et de fripons, je vous prie de me dire deux choses; la première est : que peut être devenu un certain Arnaud, moine chimiste qui voulait autrefois écrire contre ma Rae De sobrietate, qui fut prisonnier à Tu- ” rin, et qui avait voulu autrefois être ministre à Genève ? ne 4 seconde est : quand aurons-nous le Paracelse de Gehève ?... Et hoc unum nobis deerat ad felicitatem sæculi, que — Paracelse fût imprimé de notre temps, afin que ce prince - des charlatans et effronté imposteur en produise d’autres 4 de nouveau, comme s’il n’en était pas assez partout, et que quelque canton du royaume en pût manquer, quis enim non . vicus abundat tristibus illis et obscænis nebulonibus ae cini-
flonibus, qui carbonum suorum fœtore omnes inficiunt ; et le” monde est si sot qu'il se fie à leurs impostures. “à
Cette verve retrouvée, au sujet d'Arnaud, si elle. a son côté qui étonne, n'est-elle pas aussi du dernier” plaisant ? Elle le sera davantage encore si on la rap proche d’une appréciation de Gui Patin sur les < hommes timorés. # Voici ce qu’il écrivait à Spon le 10 mars 1648 :
Tout le monde n’est pas également hardi en ce pays: x ceux qui pensent être sages y adorent aussi le veau d’or et révèrent la fortune des méchants. Comme je pressais un … homme de ce parti sur ce châtrement de mes thèses, il me dit que.tout le monde n’était point si heureusement hardi « que moi, et que Bezoard idolum fatuorum était bien pensé,” mais qu'il n’était pas besoin de l'écrire. Je me moquai de cette objection ridicule, et lui demandai s’il dormait bien la nuit, s’il n'avait point peur du loup-garou ou des esprits qui reviennent de nuit ; que pour ceux du jour je n'en avais nulle appréhension. re jusqu'où va la peur de perdre … un teston ou la bonne grâce d’un apothicaire, dont je fais moins d'état que du trique-nique, comme dit le bon M. Es-« tienne Pasquier en ses Recherches de France. Pour moi, Je me console avec le bon roi David, et dis de bon cœur après lui : Discite justo, quoniam bene.
S'il n'avait point peur des esprits qui reviennent ï de nuit, il avait bien eu quelque appréhension des projets Re et avait craint, un moment, de ne. pas s’en tirer les braies nettes. ë
“ de son caractère, prime-sautier par allure, et à bàions rompus, comme l’a jugé Sainte- Bande Le fier
EN côté de cette corde plus ou moins déplaisante à laquelle nous avons touché, il en est une, dans Gui Patin, d’une vibration magnifique; c’est celle « du sentiment. Elle est, sans aucun doute, la plus fe propre à mettre en relief le côté le plus important de l'homme moral. C’est pourquoi, pour ses qualités, ‘a comme pour ses défauts, nous prenons les traits de " sa physionomie dans ses lettres. On peut diré que, … dans sa grande franchise, il s’y est dépeint lui- même. | 4 Le lecteur nous saura gré d’avoir terminé celte troi- » sième partie de notre étude par une série de ces ‘4 magnifiques mouvements où le cœur de Gui Patin “ s'ouvre et se met à jour.
d ) RO AT LOS