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De ses trois correspondants principaux, c’est pour - Charles Spon que les épanchements de l'amitié se“ répètent le plus souvent et portent le mieux le cachet de la sincérité. Gui Patin avait connu Spon dès 1642: F il faut arriver à 1648 pour qu’il s’abandonne à tous” les accents de son cœur. Jusque-là ses lettres ne dé passent pas l'expression d’une vive sympathie et de sentiments de gratitude à un confrère aussi obligeant que distingué. Leur liaison ne se fit donc pas à la légère, d'emblée et par engouement. Elle fut la con- « séquence d’une conformité de vues et de caractère, « et, sans doute aussi, de leur bibliomanie respective. « Comme Gui Patin, Ch. Spon fut lui-même un profond + érudit, et un des célèbres médecins de son temps. …
Voici le début de ces gracieuses et charmantes relations, où Gui Patin, sans beaucoup disserter Sur l'amitié, en détaille la psychologie par l'expression chaleureuse de ses sentiments. «21
29 mai 1648.
Vous me faites trop d'honneur par votre lettre : je n'ai rien à y répondre, sinon que je vous prie de vous tenir très-assuré de mon service, et que je ne manquerai nulle ment à mon devoir, Je vous suis trop obligé et en trop de ‘ façons. Je ne suis point mal avec mes parents; mais je vous prie de croire que je ne veux point être moins bien avec vous qu'avec eux tous ensemble. La parenté vient de na ture, et est par conséquent sans choix; l'amitié a quelque chose davantage, elle agit avec jugement, et tel, de peur.
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