THÉOPHRASTE RENAUDOT ET GUI PATIN
La période médicale que traversa Molière à Paris évolue de 1658 à 1673, année de sa mort. Elle comporte environ 15 ans.
On sait que cette période fut,ponrlaFaculté de médecine, celle des grandes agitations professionnelles et des transformations doctrinales. Les hérésies de Paracelse et de Yan Helmont y étaient venues heurter antérieurement les dogmes d’Hippocrate et de Galien ; depuis plusieurs années déjà, les chimistes avaient ouvert leurs tranchées , et quelques-uns, par des chemins couverts, s’étaient introduits furtivement dans la place.
Les faits antérieurs à 1658 avaient donc préparé le riche terrain où Molière serait appelé à exercer son génie satirique contre la médecine et les médecins.
La période de 1658 à 1666 fut plus stimulante encore. Ce fut celle où Mauvillain, après avoir été
exclu de la Faculté, pour la seconde fois, devait arriver au décanat en 1666, un an après la première attaque de Molière par sa pièce de VAmour médecin.
L’entourage de médecins que s’était fait Molière concourait donc à exciter sa verve en l’entretenant des disputes des chimistes de Montpellier contré les orthodoxes de la Faculté de Paris.
Avant de dérouler la longue série de ces conflits, il importe de remonter à la source des faits.
Presque à la même date, l’un en 1612, l’autre vers 1620, arrivaient à Paris deux hommes qui devaient prendre la plus grande part aux violentes luttes qui se préparaient. Chacun d’eux y apportait des aptitudes et un caractère formant entre eux le contraste le plus accentué.. Doués tous deux d’une intelligence hors ligne, celui-là représentait le progrès et l’avenir ; celui-ci,, l’homme inféodé aux traditions, et . inébranlable dans sa foi absolue aux dogmes de l’antiquité.
Si un parallèle ne peut s’établir, au point de vue des sympathies, entre Théophraste Renaudot et G ni Patin, uii rapprochement forcé se trouve dans le rôle que ces deux contemporains furent appelés à jouer, l’un contre l’autre.
Tous les deux eurent à subir les grandes difficultés que la fortune et la renommée préparent si souvent à leurs prédestinés -, tous les deux virent leur carrière saccadée tantôt par des jours de triomphe et d’enivrement d’amour-propre, et tantôt par des revers remplis d’amertume. •
Et, pendant 20 à 25 ans, ces deux hommes se tinrent réciproquement en échec !
Pour juger l’époque médicale que traversa Molière, pour saisir, a côté de ses ridicules et de ses défauts, sa valeur et ses qualités réelles, il importe d’être renseigné sur ce qu’étaient alors, non-seulement les droits et les devoirs de la Faculté, mais encore ceux de la corporation qui la constituait. Ce n’est qu’à ce double point de vue que l’on peut s’expliquer l’opiniâtreté de résistance aux idées nouvelles, l’acharnement entre les partis, et les ridicules qui en résultaient.
A l’époque où Gui Patin entre en scène par ses Lettres (1630), la Faculté de Paris vivait encore dans le calme, abritée par ses statuts, par des règles de discipline aussi puissantes que sévères. Si l’antimoine, le point noir de son horizon, avait provoqué en 1615 le renouvellement du décret qui l’avait pros-
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crit déjà en 1566, il ne remplissait encore, à l’heure •actuelle, que le rôle de ballon d’essai de l’hérésie' nouvelle, à savoir : l’introduction de la chimie dans la thérapeutique. Les compositions arabesques m’avaient guère que le caractère de moyens empiriques exploités par les charlatans.
Le maintien, dans toute leur intégrité, des privilèges de la Faculté, eut aussi une grande part dans ces agitations , aussi bien que le refrènoment des apothicaires et des chirurgiens. Mais les grands coups furent portés surtout pour la défense de l’arche sainte des doctrines de l’École. Depuis son origine, c’està-dire depuis plus de deux siècles, l’École de Paris, . dont Gui Patin était la vraie personnification, faisait des dogmes d’Hippocrate sa religion médicale. Elle avait pu admettre la doctrine des quatre humeurs de Galien qui se rattachait à celle des quatre éléments du père de la médecine. Si elle conservait de l’adnüration pour Fernel, elle le blâmait pour sa croyance aux causes occultes dans les maladies et les agents médicamenteux. Dès lors, quelles monstruosités ne devaient pas représenter pour elle le panthéisme outré de Paracelse, l’archée dé Yan Helmont, les ferments de Sylvius !
L’École de Paris, dans ses doctrines, représentait donc le dieu Terme. Il fallait un initiateur pour la sortir de l’idéal dans lequel elle s’était ancrée. Ce survenant fut Renaudot.
Certes, il était loin de s’annoncer et de se produire comme un réformateur à hautes vues, comme un génie apportant des théories nouvelles. Théophraste Renaudot n’était qu’un homme essentiellement pratique, une incarnation de l’industrie, un esprit qui devançait son époque, poussé par des aptitudes toutes spéciales et, il faut bien le dire, par des vues mercantiles et des sentiments de lucre.
Ce n’est pas dans les lettres de Gui Patin que l’on peut s’édifier sur le compte de Renaudot. La biographie qu’il en donne se montre suspecte, et ses portraits sont odieusement chargés. Gui Patin s’y pose trop manifestement en juge et partie intéressée. Pour connaître Renaudot, nous l’examinerons dans ses œuvres. Nous ne donnerons les dépréciations de Gui Patin, à son égard, que sous toute réserve de leur exagération. C’est pourquoi il nous a paru nécessaire de résumer dans une notice très-succincte les actes les plus saillants du grand agitateur qui, par les troubles qn’il jeta dans la Faculté, prépara des éléments aux satires de Molière.
Au xvii e siècle, la Faculté de médecine de Paris a’était guère abordable qu’aux jeunes gens riches de la province ou aux résidants de la capitale. Les
épreuves, si multipliées alors, pour arriver au doctorat ne duraient pas moins de sept ans. La Faculté de Montpellier, au contraire, admettait deux classes d’étudiants : pour les uns, ceux qui voulaient pratiquer la médecine à son siège même, elle avait aussi des épreuves sévères et prolongées ; pour ceux qui devaient exercer en dehors de son rayon, elle expédiait vite. II. en résultait ainsi des médecins à deux degrés.
Théophraste Renaudot se trouvait dans la catégorie de ces derniers. Il avait quitté Montpellier, en 1610, pour aller s’établir à Loudun sa ville natale. Là, il se lia d’amitié avec le Père Joseph, capucin, qui devait devenir le secrétaire et le confident du cardinal de Richelieu et se rendre célèbre sous le titre de VÉminence grise.
Renaudot partageait avec le père Joseph l’avantage d’être compatriote de Richelieu. Cette -circonstance constitua pour lui le plus puissant appui. 1;
En 1612, sous cette double égide, il gagne Paris, où les statuts de la Faculté ne lui permettaient pas d’exercer la médecine en tant que médecin de Montpellier ; mais ces statuts devenaient muets devant le titre de médecin du Roi. Ce titre, qui n’était qu’honorifique et nullement effectif, il l’obtint sans peine et son installation se fit en pleine sécurité.
Dans sa situation de besoigneux habile, il comprit
qu’il importait de ne pas entrer dans les ornières de l’École, et il se posa en partisan de l’antimoine et de la chimie nouvelle.
Soit qu’il eût entrevu que sa position médicale pouvait rester précaire encore longtemps, soit qu’il fût poussé par son instinct industriel et par ses aspirations ver s la fortune, il fonda un bureau d’adresses } ou de rencontre, dont les bureaux de placements d’aujourd’hui ne sont que la continuation.
Bientôt il adjoignit à cette création l’ouverture d’un mont-de-piété, à l’imitation de ce qui existait déjà en Italie ; et, pour couvrir son but mercantile par une œuvre philanthropique, il annonçait, en même temps, des consultations gratuites et chantables pour les pauvres. Puis, quelque temps après, il ouvrait, au milieu de tout cela, un laboratoire de chimie.
Ce cumul d’établissements ne suffisant pas à son infatigable activité, il arriva, ave*c le concours du célèbre d’Hozier, à créer la Gazette, œuvré agréable à Richelieu et à Louis XIII, et qui devait lui servir aussi, dans ses visées médicales, à des réclames pour l’antimoine, pour les apothicaires, et pour l’École de Montpellier. Plus tard, pour répondre au dénigrement que ses adversaires attachaient à sa qualification de gazetier, il se faisait nommer historiographe 4e la Couronne.
Tant d’entreprises, dressées pour la plupart envers
et contre la Faculté, constituaient un terrible jouteur. Aussi, jusqu’en 1643, c’est-à-dire jusqu’à la mort de Richelieu et de Louis XIII qu’avait précédée celle du Père Joseph ( 4 ), Renaudot soutint-il, avec avantage, le siège qu’il avait ouvert contre les dogmatiques. Mais, exposé à la réaction du Parlement par la perte de ses imposants protecteurs, ii eut bientôt à suhir le grand désastre de son procès de 1644.
La petite armée d’antimonistes qu’il avait formée autour de lui et qui grossissait d’année en année, redoubla de vigueur pour battre en brèche, avec lui, l’École de Paris. Le destin ne voulut pas qu’il assistât au grand triomphe de 1666 ; il mourut, en pleine lutte, le 25octobre 1653.
Le vieux Renaudot (écrit Gui Patin, 12 novembre 1653 ) mourut ici le mois passé, gueux comme un peintre ; c’est son fils, le conseiller des monnaies, qui fait aujourd’hui la Gazette.
Renaudot était né en 1584.
Les lettres de Gui Patin ne respirent guère, en ce' qui concerne Renaudot, que de la rage et du dépit;
(') L’âme damnée de Richelieu, frappé d’apoplexie lé 18 décembre 1638. Il succomba trois jours après, au domicile même de Richelieu qui dit en soupirant : « J’ai perdu mon bras droit--*
elles se montrent dépourvues de raison et d’arguments sérieux. Il est remarquable aussi qu’elles laissent toutes passer comme inaperçues, les innovations si remarquables, non-seulement du bureau d’adresses, du mont-de-piété, du laboratoire de -chimie, mais encore celle des consultations gratuites. La seule Gazette a l’honneur d’une courte citation en 1650 :
Il ne se fait ici du tout rien qui vaille, si ce n’est la G-azette, qui est une chose fort récréative et fort consolative aussi, en tant que cette babillarde ne dit jamais de mauvaises nouvelles, bien que nous en sentions beaucoup en cette saison.
Si l’on comprend que la Faculté n’ait pas osé contredire aux créations de Renaudot tant qu’elles furent placées sous l’aile protectrice de Richelieu, il y a lieu de s’étonner que Gui Patin n’en dise mot dans dans ses lettres intimes. Caustique et bilieux dans la jubilation de ses succès, on le voit rester muet sous le poids de ses contrariétés et de ses revers,. En effet, ce n’est qü’après l’échec de Renaudot en 1642 et son écrasante condamnation en 1644, que la verve de Gui Patin s’anime contre lui.
Jusque-là, la seule lettre qui touche indirectement au gazetier est en date de 1641. Elle a rapport à un fait qui remonte à 1637, où le doyen du jour, Hardouin de Saint-Jacques, soit qu’il eût été circonvenu par Renaudot, soit, qu’il eût cédé à ses tendances
personnelles, avait commis un scandale dans la Faculté. Ecoutons à ce sujet Gui Patin :
Pour rantimoine,- je ne sais pas ce que notre Faculté en ordonnera; il eût toujours bien mieux valu que Saint- Jacques ne l’eut fourré dans l’antidotaire, comme il a fait, nobis insciis et invilis, irrto et inconsultâ facultate, et ne pas toucher cette corde, quce habet aliquid odiosum. M. Moreau a répondu au factum du gazetier avec beaucoup de doctrine et toute sorte de modestie. Ce bureau d’adresses, meus agyrta convitiator et sycophanta deterrimus, y a fait une réponse pleine d’injures de harengères, où il élude et se moque des raisons de M. Moreau, sans répondre à quarante chefs qui lui étaient objectés... Si ce gazetier n’étaitsoutenu de l’Eminence, en tant que nebulo hebdontadarius, nous lui ferions un procès criminel, au bout duquel il y aurait un tombereau,, un bourreau, et tout au moins une amende honorable; mais il faut obéir au temps. (Lettre à M. Belin, docteur-médecin à Troyes.) . 'i
Cette félonie d’Hardouin de Saint-Jacques avait été pour Renaudot une arme puissante et un appui précieux. Gui Patin le sentait, et, 20 ans plus tard, il montrait une sorte de résignation en rappelant cette affaire :
Notre Faculté n’a rien fait en quoi elle se soit oubliée, mais bien négligée, comme la bonne dame fait souvent. Nos anciens avaient travaillé à l’antidotaire ; les papiers en étaient toujours en dépôt entre les mains du doyen. Hardouin de Saint-Jacques, étant parvenu à cette charge, les ramassa êt les fit imprimer, ut aucuparetur graciant pharmacopolorum, sans un simple consentement de la Faculté, laquelle fut tout étonnée de voir en ce livre pro thesauro carbones, pro luce tenébras, pro remedio venenum. Plusieurs
en grondèrent et parlèrent de réformer cela, on n’en fit rien ; si bien que tout en est demeuré là, et en ce cas, tolérât quœ non probat. Il en sera néanmoins parlé quelque jour, mais je ne puis pas encore vous dire si tôt quand ce sera. Quand je donnai le bonnet, il y a deux ans, j’en parlai amplement dans un discours exprès et publiquement, et qui fut fort approuvé. Les sieurs Saint-Jacques sont des charlatans, ne dicam pejus. (Id.)
En 1640, l’œuvre des consultations charitables devait amener un véritable conflit avec la Faculté.
L’idée pratique de Renaudot n’était-elle pas propre, en effet, à suggérer de sérieuses réflexions aux dogmatiques de l’École qui avaient savouré si longtemps, dans leur statu quo, une complète quiétude?
Argumenter dans des séances solennelles où les amours-propres se surexcitaient; faire consister les épreuves en des discussions théoriques sur les doctrines et les livres consacrés et approuvés par la Faculté ; tout cela était propre à faire des rhéteurs et des sophistes plutôt que des praticiens.
Renaudot, assisté de ses deux fils et secondé par des médecins de l’École de Montpellier et des petites universités de province, avait vu les étudiants rechercher près de lui un genre d’instruction que l’École de Paris ne leur donnait pas. Examiner, interroger des malades, assister à des conférences sur
chaque cas particulier de maladies, était pour eux une nouveauté. Jusque-là, ce n’était qu’en suivant en ville les visites d’un docteur, ou en obtenant le patronage des médecins de l’Hôtel-Dieu, que de rares privilégiés pouvaient faire un peu de clinique.
L’innovation de Renaudot devant entraîner le succès, la Faculté en prit ombrage et voulut réagir contre cette situation où des médecins étrangers jouaient un rôle qu’elle ne pouvait tolérer plus longtemps. La lutte s’engagea, activée, d’un côté, par Courtaud, de Montpellier, et accentuée par Guillemeau, de la Faculté de Paris. De part et d’autre, on pratiqua l’invective et on eut recours aux injures les plus violentes.
Richelieu, ayant eu à remplir le rôle d’arbitre dans cette situation, ne donna à la Faculté d’autre satisfaction que celle-ci : «Faites mieux que M. Renaudot. »
Et, en effet, la Faculté fit publier et afficher que des consultations gratuites étaient ouvertes, rue de la Bucherie, les samedis de chaque semaine.' Six médecins étaient chargés d’examiner les malades et de discuter leurs cas.
La comparution devant Richelieu s’était passée entre Renaudot et Moreau, alors doyen de la Faculté ; ce qui fait dire à Gui Patin, avec une mélancolie résignée :
Son Eminence, en quelque façon, interposa son autorité
sur ce débat; car il a dit lui-même à M. Moreau qu’il désirait qu’il n’existât plus. Il faut obéir à ce grand bomme.
Ce renvoi, dos à dos, de la Faculté et de Renaudot devait enorgueillir ce dernier et encourager son audace. En 1642, il déposa une plainte contre Gui Patin qui, dans une préface latine aux œuvres de Sennert, l’avait traité de nebulo et de blatero (vaurien, babillard). Mais Gui Patin plaida lui-même sa cause avec une verve et une faconde si entraînante, que Renaudot fut débouté de sa plainte.
Voici ce qu’en raconte Gui Patin devenu vantard :
Pour le gazetier, jamais son nez (') ne fut accommodé comme je l’ai accommodé le 14 août de l’année passée, aux requêtes del’Hôtel, en présence de quatre mille personnes. Ce qui m’en fâebe, c’est que habet frontem meretrîcis, nesciterubescere... Je n’avais rien éprit de mon plaidoyer, et parlai sur-le-champ par cœur près de sept quarts d’heure.
Trois ans après, il revient sur cette affaire :
Deux avocats qui venaient de plaider contre moi me mirent en humeur de faire mieux qu’eux et de dire de meilleures choses. L’un ni l’autre ne purent prouver que nebulo et blatero fussent termes injurieux : ils me donnèrent si beau champ que leurs faibles raisons servirent à me justifier aussi bien que toute l’éloquence du monde, et mon innocence me fit obtenir si favorable audience, que j.’eus l’auditoire de tous les juges pour moi: et censorem, et cnriam, et quirites.
(') La nature avait pourvu Renaudot d’un nez des plus camus, qui l’exposa à des railleries trop souvent répétées.
Ce premier revers de Renaudot devait en entraînei* un plus grave.
Le Père Joseph, était mort en 1639. Le cardinal de Richelieu mourut lui-même le 6 mars 1643, et, deux mois après, Louis XIII aussi quittait ce monde.
Renaudot se trouva dès lors dans cette triste et difficile situation où toutes les animosités qu’avait suscitées le despotisme de Richelieu devait réagir contre lui. Sa gazette surtout, qui jusqué-là avait fait sa force par le parti que Richelieu lui-même en tirait contre les grands corps de l’État, devait être;, comptée au nombre de ses principaux griefs ; à côté de toutes ses autres œuvres, elle lui avait aliéné le Parlement.
La Faculté mit à profit ces dispositions;, elle le fit comparaître au Châtelet, pour exercice illégal de la médecine. Renaudot succomba encore dans cette, affaire, et défenses furent faites, à lui et à ses adhérents, non médecins de la Faculté de Paris, d’y exercer la médecine en aucune façon. Il en appela devant le Parlement, où il se vit condamner sur tous les points et à tous les dépens.
La Cour ordonna la fermeture des consultations gratuites et du mont-de-piété. Elle ne lui laissa que la gazette et le bureau d’adresses.
Le procès avait été jugé le 1 er mars 1644. Dès le 8 mars, Gui Patin écrivait à son ami Spon, de Lyon.
M. l’avocat général Talon donna ses conclusions par un plaidoyer de trois quarts d’heure, plein d’éloquence, de beaux passages bien triés et de bonnes raisons, et conclut que le gazetier ni ses adhérents n’avaient nul droit de faire la médecine à Paris, de quelque université qu’ils fussent docteurs, s’ils n’étaient approuvés de notre Faculté, ou médecin du Roi ou de quelque prince du sang servant actuellement. Puis après il demanda justice à la Cour pour les usures du gazetier, et pour tant d’autres métiers dont il se mêle et qui sont défendus. La Cour confirma la sentence du Châtelet,... ordonna que le gazetier cesserait même sa chimie, de peur, avait dit M. Talon, que cet homme qui a tant d’envie d’en avoir par droit et sans droit, n’ait enfin envie d’y faire la fausse monnaie.
Le 29 avril, il a quelques paroles adoucies pour la Faculté de Montpellier :
Le gazetier est un fourbe qui s’est, en ce procès, joué de i’honneur de la Faculté de Montpellier, comme un chat fait d’une souris, ou comme fait le singe de la patte d’un chat, à tirer les marrons du feu. S’il eût gagné son procès, il eût rempli, et par son avarice et pour nous faire dépit, tout Paris de force charlatans, auxquels il eût communiqué son pouvoir, qu’il eût fait ici passer pour des docteurs de Montpellier, dont l’ignorance toute claire et bien avérée eût fait grand tort à cette fameuse université.
Le 9 juin, il s’abandonne à ses plus fortes diatribes :
Le gazetier ne pouvait pas se contenter dans la médecine qu’il n’a jamais exercée, ayant toujours tâché de faire
quelque autre métier pour gagner sa vie, comme de maître d’école, d’écrivain, de pédant, de surveillant dans le huguenotisme, de gazetier, d’usurier, de chimiste, etc. Le métier qu’il a le moins fait est la médecine qu’il ne saura jamais;c’est un fanfaron et un ardélio duquel le caquet a été rabaissé par cet arrêt, que nous n’avons pas tant obtenu par notre puissance que par la justice et bonté de notre cause, laquelle était fondée sur une police nécessaire en une si grande ville contre l’irruption de tant de barbares qui eussent ici exercé l’écorcherie plutôt que la médecine.
Et enfin, le 6 décembre, il exalte le triomphe de la Faculté, en regard de Richelieu :
Tous les hommes particuliers meurent, mais les compagnies ne meurent point. Le plus puissant homme qui ait été depuis cent ans en Europe, sans avoir la tête couronnée, a été le cardinal de Eiehelieu. Il a fait trembler toute la terre ; il a fait peur à Eome ; il a rudement traité et secoué le roi d’Espagne, et néanmoins il n’a pu faire recevoir dans notre compagnie les deux fils du gazetier qui étaient licenciés et qui ne seront de longtemps docteurs.
Sans doute, ces paroles sont propres à rehausser l’orgueil professionnel. Elles feraient regretter les corporations si le despotisme qui s’y rattachait et dont les luttes acharnées de cette époque étaient la conséquence, n’en faisaient pas ressortir tous les inconvénients. Aujourd’hui, l’association médicale elle-même est impuissante à réprimer des abus de bien des sortes. Il ne s’agit plus de rivalités entre les Facultés de France. La libéralité française s’est internationalisée au profit d’étrangers desquels on n’exige aucune garantie de savoir ni d’expérience.
Le procès de 1644 avait dû être pour Renaudot un véritable désastre ; mais ni lui ni sa petite armée n’en furent abattus. Dès 1648, un médecin de Montpellier, Magdelain, obtenait du grand Conseil un arrêt qui, contrairement à celui du Parlement, l’autorisait à pratiquer la médecine à Paris.
De 1650 à 1655, les hostilités s’accentuèrent; de part et d’autre on se lança les traits les plus envenimés.
En 1652, Chartier, le jeune, publie son libelle antimonial intitulé : Là, Science du 'plomb sacré des sages. Il est chassé de la Faculté; et Blondel, le plus fougueux censeur de l’antimoine, répond à son factum par des pamphlets de peu de portée, F Aletophanes, Pythœgia, etc.
Bientôt après, l’un des fils de Renaudot, Eusèbe, met au jour VAntimoine justifié et VAntimoine triomphant, avec cette épigramme d’une impertinence vengeresse :
Est in quibusdam tanta perversitas Ut, inventis frugibus, glande vescantur.
Il fortifie son libelle, non-seulement par l’adhésion d’un grand nombre de docteurs de la Faculté de Paris,
mais encore par des vers de quelques beaux esprits et poétereaux du temps. La crainte de subir le sort de Chartier le porte seulement à faire, en dehors de l’antimoine, quelques concessions à la saignée et au séné. . ;
Perreau riposte à VAntimoine triomphant par le Rabat-joie de Vantimoine. Après lui, vient Merlet qui donne aussi sa réplique à Eusèbe. Ce ne fut plus seulement de l’injure; ce fut de l’emportement, delà colère, sans frein et sans mesure. De part et d’autre on était en pleine orgie d’invectives et d’insultes personnelles.
Mais, à côté de toutes ces diatribes, le coup le plus sensible que devaient subir les puristes de la Faculté partit de la maladie du Roi, à Mardick, en 1658. Ici, les faits eurent leur fatalité. Le Roi, atteint d’une fièvre à caractères typhiques, avait déjà été saigné et purgé plusieurs fois par Yalot et les autres médecins de la Cour. Le mal empirait : Paris était en angoisses, non-seulement chez les grands, mais encore dans le peuple. Mazarin se trouvait près du Roi : il fit venir Guénaut qui, dans une consultation solennelle, proposa le vin émétique, au gré du cardinal. On en donna une once : elle procura 22 évacuations à la suite desquelles le Roi se trouva beaucoup mieux. Post hoc, ergo propter hoc ; Guénaut était un sauveur : on lui appliquait le veni, vidi, vici, de
J. César. Scarron lui adressait un sonnet à cette occasion ; le Père Carneau, un poème. A la Cour et dans le public, l’enthousiasme était général, et l’engouement pour l’antimoine ne fit que s’accroître jusqu’à ce que, en 1665, le doyen du jour, Jacques Thévart, présenta au Parlement une requête qui, appuyée par 92 docteurs de la Faculté sur 102, devait amener le fameux décret du 10 avril 1666. L’antimoine, proscrit et honni en 1566, avait son centenaire triomphal.
Cette magnifique revanche fut encore suivie, deux ans plus tard, d’un arrêt du grand Conseil qui reconnaissait aux étrangers le droit d’exercer dans la capitale, moyennant certaines formalités à remplir.
Telle fut l’insigne réparation du coup de foudre de 1644. Mais le pauvre Théophraste n’eut pas le bonheur d’y assister. Il était mort treize ans auparavant.
Nous allons prendre dans Gui Patin le développement des faits dont nous n’avons donné ci-dessus qu’une courte analyse ; nous laisserons à l’auteur ses exagérations passionnées et son évidente partialité.
Jean Chartier avait ouvert le feu des grandes luttes par son Plomb sacré des sages. Cl. Germain y avait répondu par son Dialogue de l’orthodoxe, ou De
Dr NIYELET 7
l’Abus de l’antimoine, la seule pièce modérée qui se soit produite dans ce tohu-bohu de libelles et de pamphlets.
Voici le jugement qu’en porte Gui Patin dans ses lettres à Belin et à Falconnet:
Lejeune Chartier a été chassé pour n’avoir pas voulu soumettre au jugement de la Faculté son libelle la Science du plomb sacré des sages, ou l’Antimoine, qu’il n’avait fait qu’en intention de flatter feu M. Vautier, afin qu’il lui donnât quelque chose. Mais les Provençaux ne donnent rien ; aussi n’a-t-il rien eu, et est gueux comme un peintre, tout près de mourir en prison pour ses dettes, comme un petit safranier... ; son livre est indigne d’être lu ; celui de M. Cl. Germain est plus raisonnable... Comme, le lendemain de la Saint-Luc, il pensait entrer après la messe dans notre assemblée, il en fut chassé avec opprobre ; c’est un petit fripon qui doit dix mille livres plus qu’il n’a vaillant, et qui est au bout de son rolet, redactus ad incitas.
Ce J. Chartier, âls de René Chartier, le célèbre traducteur des œuvres d’Hippocrate et de Galien, était médecin de la reine d’Angleterre, seul titre qui le recommande. Ce qu’il y avait de plus remarquable dans son ouvrage, insignifiant au fonds, c’était le frontispice d’un symbolisme des plus agressifs et qui explique l’indignation de ses adversaires. On y voyait un hibou, portant des lunettes, et entouré de torches allumées. Au-dessous on lisait :
Le hibou fuit la clarté vivifique ;
Et, quoiqu’il ait lunettes et flambeaux,
Il ne peut voir les secrets les plus beaux De l’antimoine et du vin émétique.
Le pamphlet d’Eusèbe Renaudot, l’Antimoine justifié et l’Antimoine triomphant, fut pour Gui Patin la consommation d’un double scandale ; car plus de 60 dissidents de la Faculté avaient adhéré à cette œuvre. Voici comment il s’en épanche près de son ami Spon :
L’in-quarto du gazetier pour l’antimoine est gros d’un doigt. C’est un méchant livre et un misérable galimatias de gazette ; vous ne l’aurez jamais vu deux heures qu’il ne vous fasse pitié. Il aura sa réponse quelque jour, combien qu’il ne la mérite pas ; mais c’est afin que le peuple soit détrompé : d’honnêtes gens s’en mêlent et que vous ne haïssez pas....
Il court ici une pièce fort secrète, en deux demi-feuilles imprimées, touchant le mérite de quelques-uns de,nos docteurs, qui ont, par la cabale de Guénaut, signé que l’antimoine est un excellent remède. Je vous les envoie afin que vous les lisiez et les gardiez fort secrètement sans les montrer à personne ; je ne les ai que d’hier au soir. Je ne sais pas encore au vrai qui en est le propre auteur ; mais je crois que c’est M. Merlet le père, et même on me l’a assuré.Il y a là-dedans beaucoup de choses que je lui ai ouïdire, joint qu’il hait fort l’antimoine et Guénaut encore davantage. Vous verrez là dedans propudium scholœ nostræ etinfamiam sæculi. Aussi, à vous dire vrai, tous ces maîtres signeurs sont le fretin et la racaille de l’École, qui la plupart en ont honte et en sont en une extrême confusion. Les gens de bien n’en demeureront point là.
Dans une autre lettre à Falconnet, sur le même sujet, il annonce que le gazetier sera relancé, nonseulement par Perreau et Merlet, mais encore par Germai n,et surtout par le vieux Riolan. Mais, pour ces deux derniers, ces beaux projets n’ont pas abouti.
La légende qu’il attribue à Merlet, ne passe pas tout à fait inaperçue dans sa correspondance. Malgré le peu de cas qu’il en fait, c’est toujours, pour lui, une occasion de déverser sa bile. Il écrit à Spon :
La troupe stibiale et stygiale est ici fort scandalisée de la légende que je vous envoyai dans ma dernière : ils sont fort en peine d’en découvrir l’auteur, afin de le mettre en procès et d’en tirer réparation d’honneur. Qui qu’il soit, je ne le tiens pas fort bien caché, puisque cela a passé par les mains de l’imprimeur, qui pour quelque récompense pécuniaire le peut déceler. Plusieurs en ont été soupçonnés-, j’en ai eu ma part, mais le soupçon a passé et est allé sur d’autres. Il est encore malaisé de savoir qui en est le vrai auteur, quoique celui que je vous ai mandé en soit plus soupçonné. La pièce est un peu trop basse et chétive pour ce que méritent ces infâmes et lâches âmes qui, pour de l’argent ou des promesses, se sont laissées gagner à G-uénaut et ont signé que l’antimoine est un remède innocent.
Le fameux Rabat-joie de J. Perreau avait été annoncé comme devant draper vigoureusement E. Renaudot; mais, après l’annonce, Gui Patin n’en dit plus rien dans ses lettres.
Quant au pamphlet de Merlet, qui dépassait en violences toutes les agressions qui l’avaient précédé, Gui Patin ne lui accorde que cette courte appréciation :
Le livre de M. Merlet est bon ; il n’y a rien que de vrai, mais il est trop court et trop sec. Quand on lui a dit cela, il a répondu qu’il n’avait écrit contre le gazetier que pour montrer ses fautes et ses impostures, qui sont presque innombrables.
Nous arrivons à la maladie du Roi, à ce coup fatal dont Gui Patin voudrait réduire la portée et qu’il n’envisage qu’avec un optimisme factice et de convention pour lui-même.
La première lettre à Spon (16 juillet 1658) est un exposé alarmiste et une critique amère de la situation contre les médecins de la Cour :
Le Roi est tombé malade à Mardick, d’où il a été mené à Calais ; on commence ici les prières publiques pour sa convalescence. Le Saint-Sacrement est exposé sur les autels, et les prières des quarante heures se disent dans les églises. Je prie Dieu qu’il guérisse, car j’aurais appréhension de grands désordres à la Cour, et même dans tout le royaume si quid humanitus ti contingeret. Néanmoins, on n’en fait point ici la petite bouche : on dit ici publiquement que periclitatur ratione morbi etratione medicorum, qui sontValot, Guénaut et Daquin. Je ne sais pas si ce dernier voit le Roi, mais il est allé avec Guénaut sans y avoir été mandé, sous ombre qu’il est médecin par quartier, et auparavant il était garçon apothicaire delà feue Reine mère. Ne voilà-t-il pas un puissant Roi de France en bonnes mains ? Ne diriez-vous pas que les charlatans ne sont soufferts et tolérés que pour maltraiter les princes ? Vide et ride impudentiam sœculi. En attendant, pourtant je souhaite que bientôt il nous vienne quelque bonne nouvelle de sa convalescence On prie Dieu ici partout pour sa santé dans les paroisses, etc. M. le chancelier a envoyé à chaque monastère une aumône de 100 livres, afin qu’ils prient Dieu aussi bien que les autres.
Verum quid sunt ülæ preces profuturœ, si décréta Dei sunt immutabilia ? Quomodo verum, erit illud sibyllinum : Desine faia Deumflecti sperare precando.
La seconde lettre rabat le rôle du vin émétique et exalte la Valeur de la saignée :
M. Baralis le fils est revenu de la Cour, où il était en quartier ; il nous a raconté toute la maladie du Roi. Je vous assure que le Roi n’a pris que le tiers d’une once de vin émétique ; car l’once n’avait été mise qu’en trois doses d’infusion de casse et de séné, et d’autant que la première prise n’avait que trop opéré, il ne prit pas les deux autres, car il le fallut saigner, s’étant trouvé plus mal, et aussi futil saigné plusieurs fois depuis. De sorte que le Roi ne doit du tout rien de sa santé à ce remède mortifère. Si le Roi fût mort, l’on n’eût jamais manqué de leur reprocher qu’ils eussent donné du poison au Roi, et ils se sont mis en grand danger d’un tel reproche.
Ensuite, il tâche de se consoler en produisant des vers latins, passablement forcés, qu’on vient de lui donner sur la maladie du Roi, et dans lesquels l’intervention de Dieu est opposée à celle de l’émétique :
Vivis ab epoto cur, rex Lodoïce, veneno,
Quid mirum ? stibio plus valuere preces :
Id cæli non artis opus, etc.
De la sentimentalerie au lieu d’arguments, ce n’est pas son genre ordinaire !
Au reste, si Gui Patin n’avoue, dans aucune de ses lettres, qu’il est vaincu et abattu par l’arrêt de
1666, son mutisme, à partir de cette époque, a son éloquence.
L’arrêt du Parlement avait été rendu le 10 avril I 6665 voici les seules paroles qu’il lui inspire dans une lettre à Falconnet du 30 juillet suivant:
Je ne sais pas qui est celui des nôtres qui a écrit à Lyon que ce n’est pas sans mystère que l’antimoine a prévalu. Donnez-vous un peu de patience, il en sera parlé. Il viendra un factum, un arrêt, et un livre en latin. Il est ici peu de malades, et le vin émétique y est fort décrié. La cabale de cette dernière assemblée a fait tort à sa réputation. Ces messieurs disent qu’un poison n’est point poison dans la main du bon médecin. Ils parlent contre leur propre expérience, car la plupart d’entre eux ont tué leur femme, leurs enfants et leurs amis. Quoi qu’il en soit, pour favoriser les apothicaires, ils disent du bien d’une drogue dont eux-mêmes n’oseraient goûter. Je me console parce qu’il faut qu’il y ait des hérésies, afin que les bons soient éprouvés; mais je n’ai jamais été d’humeur à adorer leveau d’or, ni à considérer la fortune comme une déesse. Dieu m’en préserve àl’avenir. Je suis content de la médiocrité delà mienne. Paix et peu. Dès que le vent aura changé, tous ces champions de l’antimoine se dissiperont comme là fumée de leurs fourneaux. Ipsi peribunt : dii meliora piis.
A partir de 1666, Gui Patin sent le terrain devenu glissant sous ses pieds, et il ne parle guère que de l’affaire de Gorris contre Blondel, le dernier lutteur de la Faculté, qui, lui, succomba sur la brèche.
La seule flèche qu’il ait lancée, dans cet intervalle, est à l’adresse d’Eusèbe Renaudot, 6 octobre ' 1671 :
Nous avons ici un de nos médecins fort malade, c’est E. Renaudot qui a fait autrefois VAntimoine triomphant. H a ressemblé à celui qui pensa une fois en sa vie à l’empire, il a pensé à la charge de premier médecin, espérant beaucoup en M. de Montausier, gouverneur de M. le Dauphin. Mais son épée s’est trouvée trop courte, il n’a pu y atteindre, dont on allègue trois raisons: la première est qu’il est puant de corps et d’âme, je crois même qu’il est punais ; la deuxième, c’est qu’il a la vue presque perdue; la troisième, qu’il est grand charlatan, et il a eu raison d’intituler son livre VAntimoine triomphant ; car pour triompher, il fallait en avoir tué pour le moins six mille. Ainsi a fait l’antimoine et bien par delà, avec son écrivain et sa sequelle, qui sont plusieurs faux frères gagnés par les apothicaires, qui enragent que le peuple connaisse la casse, le séné et le sirop de roses pâles, dont il est fort soulagé. Je ne saurais’ souffrir cette tyrannie, laquelle nous fait passer pour des coupeurs de bourses. Pour souffrir cela, il faut avoir une âme vénale et aussi mal faite qu’un apothicaire, qui était défini par M. Hautin: Animal fourhissimum faciens bene partes et lucrans mirabiliter (*).
Ce jet de sa verve enûélée contre le nom de Renaudot fut le dernier.
Gui Patin mourut 10 mois après, le 30 août 1672.
(') On voit comme cette fin de lettre explique bien les mémoires d’apothicaires contrôlés par Argan dans le Malade imaginaire. Mais, la satire de Molière, plus fine et plus modérée, est aussi plus délicate dans sa forme.
III e PARTIE