Les grands maîtres classiques, p
Molière ^ », mais le savant historien du théâtrefrançais ne parle pas seulement du passé et du présent, il formule à l'avance le jugement de l'avenir sur la comédie de Molière « nationale et humaine à la fois, ([ui n'eut jamais ni peut-être n'aura d'égale en aucun temps ! »
Nous aussi, nous nous inclinons devant le génie dramatique de Molière ; mais nous ne pouvonspas ne faire quelques réserves devant l'excès des louanges. Molière est-il réellement de la lignée des créateurs comme Shakespeare ou Cervantes, surpasse-t'il vraiment Balzac dans la peinture des mœurs ? Est-il si vsupérieur à ceux qu'il imita qu'il faille lui pardonner tous ses emprunts ? L'enthousiasme des Français pour leur théâtre classique, en général, nous semble jouer un rôle prédominant surtout dans les jugements qu'ils portent sur Molière. Cependant, c'est justement ce classicisme qui, selon nous, empêche sa comédie d'être universelle ou humaine, européenne si l'on veut. L'esprit classique, qui est éminemment français, est intelligible à tous grâce à ses. qualités de concision, de clarté, de « sociabilité »,, il conserve néanmoins un certain caractère local