Paris, 1880, p. 43G
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d'entités idéalisées. C'est pour cette raison que M. Petit de JuUeville voit dans la comédie classique comme la suite des vieilles moralités du xv*' siècle : « Prenez le Misanthrope^ dit-il, et supposez qu'Alceste, au lieu de porter un nom d'homme, s'appelle Misanthropie ; que Célimène s'y nomme Coquetterie ; Philinte, Optimisme ; Arsinœ, Pruderie ; les deux marquis, Sottise et Fatuité, le Misanthrope serait-il alors autre chose qu'une pure moralité? » ^ Schlegel avait donc moins tort qu'on ne le prétend, lorsqu'il disait que Molière ne met pas sur la scène des individus réels, mais des abstractions personnifiées.
Nous ne soutenons pas que cette manière de généralisation outrée soit dépourvue de grandeur, qu'elle ne se justifie pas tout aussi bien que la peinture des caractères individuels et qu'il ne soit possible, grâce à elle, de porter une vive lumière dans certains coins de l'âme humaine, mais nous ne saurions admettre que la comédie construite d'après ces principes d'art puisse être mise en parallèle avec les œuvres d'un Shakespeare ou d'un Balzac.