Herrig's Archiv, t. LX, p
sig et surtout Schlegel de flèches envenimées ; mais sa satire n'est guère de bon goût. Il est « étranger, Allemand, mais juge compétent et convaincu de notre littérature », disent Despois et Mesnard ^ . Sans doute, mais il reconnaît n'avoir lu qu'une pièce de Galderôn et le Dédain contre Dédain de Moreto ; or l'Espagne a produit plus ^'de trente mille drames au xvii'^ siècle : est-il étonnant, dès lors, que Humbert ne retrouve pas chez Molière l'influence espagnole ? « Personne ne conteste, dit-il, que les Espagnols lui aient enseigné quelque chose », mais il fit de cet apport étranger un excellent usage, en le fondant harmonieusement avec le reste de son œuvre.
Telle est, du reste, l'opinion de tous les critiques atteints de « moliéromanie » : s'ils accordent que leur poète fit aux Romains, aux Italiens, aux Espagnols, à ses contemporains plus d'un emprunt, ils ajoutent que tout ce qu'il leur prit, il le rendit immortel ; et tout emprunteur, ou plutôt « le menu fretin de la littérature » doit se sentir particulièrement honoré d'avoir été croqué par un poète du