‹ Molière et l'EspagneChapitre 16 sur 109 · Molière, Grands Écrivains, tome I. Avertissement, p · texte numérisé non relu

Molière, Grands Écrivains, tome I. Avertissement, p

génie de Molière. C'est presque ropinion générale de l'Europe que l'auteur du Misanthrope est si grand que tout lui était permis par droit d'esprit supérieur. Les critiques qui font des réserves pour Corneille ou Racine, s'inclinent devant Molière : « Corneille et Racine, sont des gloires françaises, dit Menéndez y Pelayo, pour lesquels l'étranger ne s'enflamme pas ; Molière est le concitoyen de tous les peuples du monde ^ » Nous avons vu que seuls quelques critiques allemands se sont élevés contre de tels jugements. « D'où vient une si étrange dissidence ? » se demande Stapfer, dans un ouvrage d'une très haute valeur, intitulé : Shakespeare et r antiquité-. « Il convient de l'attribuer d'abord, en grande partie, à une révolte bien légitime de l'esprit national. La littérature française, non contente de régner sur l'Europe comme une reine doublement glorieuse, doublement digne d'admiration et de respect, par l'ancienneté de sa naissance et par Tincomparable éclat de ses œuvres, l'avait trop longtemps gouvernée et régentée

Page 1