Paris, 1880, p
à la façon d'un maître d'école. » Cette opinion de Stapfer n'est pas la seule qu'on puisse citer ; Laun remarque que les auteurs allemands de Don Juan s'inspirèrent de la musique de Mozart et du Faust de Gœthe : Despois-Mesnard voit là une exception « recommandée par l'amourpropre national ^ ». Les commentateurs de Molière sont prompts à faire intervenir Famourpropre national quand il s'agit d'autrui ; ils oublient que cette forme d'orgueil n'a pas été sans jouer quelque rôle dans le culte prodigieux dont Molière a été et est encore l'objet en France. On a épuisé, en faveur de sa gloire, toutes les épithètes laudatives de la langue française qui en est si riche ; on a même inventé d'ingénieuses théories pour transformer ses défauts en qualités éminentes. C'est cette « moliéromanie » qui a amené la plupart des critiques français à soutenir que les emprunts très considérables de Molière ne portent nulle atteinte à son originalité. Au surplus, cela peut être vrai in ahstracto^ mais n'est pas tout à fait exact pour Molière. On eut même une ten-