Introduction à V édition des OEuvres de Molière
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qui mit le plus à contribution le Décaméron ^ ; il imita VArcadie de Sannazaro et lui-même considérait sa Beauté d'Angélique comme la suite du Roland furieux de l'Arioste ; par sa Jérusalem conquise (1609), il s'efforçait de rivaliser avec le Tasse dans le genre épique. Dante et Pétrarque ag-irent, eux aussi, sur certains écrivains : néanmoins il serait difficile de soutenir qu'il y eût pénétration de l'esprit italien dans les lettres espagnoles, tandis que le génie de l'Espagne commence déjà à s'infuser, en Italie, à l'époque même de son influence passagère en Espagne, ou plus tôt encore. Dès le commencement du xvi'' siècle, les écrivains italiens ou espagnols de quelque importance sont traduits dans l'une et l'autre langue. En 1499, paraît la Célestine ; cette œuvre dramatique étrange n'est pas seulement goûtée et imitée en Italie, mais dans presque toute l'Europe, c'est <( un livre européen», le plus lu en Espagne jusqu'à l'apparition du Don Quijote. En 1505, Alfonso Ordoîiez, un des familiers du pape Jules II, la
1. C. B. Bowrland : Boccaccfo a nd the Decameron in castilian and catalan Uteralure (Revue Hispanique, tome XII, 1905.)
traduit en italien ; elle pénètre en France en 1527 et fait partie, sous François P'", des lectures à la mode. Ainsi, au moment où la culture italienne s'infiltre en France, elle est déjà toute saturée d'éléments espagnols ' ; vers 1580, influence italienne et influence espagnole se combinent et agissent de concert en France -.
L'Italie connut assez tôt Cervantes ^, Lope de Vega et ses disciples. Une traduction des pièces du « phénix des génies » parut à Milan en 1619. Mais des dramaturges italiens, comme Ghirardi, Borghini, Sforza d'Odi avaient déjà tiré parti, vers la fin du xvi*^ siècle, des œuvres de Lope