Bourget : Essais de psychologie contemporaine
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fait emprunts à Molière. Scarron avait acclimaté une foule d'éléments picaresques dans ses pièces et ses nouvelles ; Sorel imita directement, et de trop près, les romans picaresques de l'Espagne. (( Le Francion avait été une protestation contre la littérature romanesque; c'était la revanche de l'esprit gaulois sur le bel esprit » dit justement M. E. Roji. Mais un mouvement littéraire ne saurait être jugé isolément ; on ne peut l'apprécier que dans son rapport avec l'histoire de la « littérature européenne » : nous venons d'en donner une preuve nouvelle. On dira donc, en tenant compte de l'influence espagnole qui a vivifié ou alimenté, en tout cas renforcé « l'esprit gaulois », que c'est en utilisant le picaresque et le burlesque espagnols que Sorel a pu contribuer à la victoire de l'esprit gaulois sur le « bel esprit ». Cyrano de Bergerac marche sur les traces de Scarron, et^ dans ses Lettres satiriques^ il dirige des attaques d'un goût picaresque contre le bel esprit, les faux braves, les médecins pédants, les avares, etc. La source principale de son mspiration est Quevedo, cet auteur qui avait été aussi le maître de Scarron et qu'on appelait « le