‹ Molière et l'EspagneChapitre 37 sur 109 · Bras Mojon : Al fin habemos de vivir matando · texte numérisé non relu

Bras Mojon : Al fin habemos de vivir matando

A fe que es bucn oficio, si nos dura.

médicale apparaît même à travers le Gil Blas de Lesage ; nous ne voulons insister que sur les fréquentes satires des docteurs que l'on trouve dans les intermèdes espagnols et dans la comedia, c'est-à-dire dans le genre dramatique. Dans les entremeses^ les balles, les loas, ces petites farces d'un acte où s'est exercée la verve malicieuse des meilleurs dramaturges d'Espagne, le médecin réapparaît si souvent qu'il nous faut reconnaître qu'au delà des Pyrénées on sut tirer parti, avant Molière, du comique des guérisseurs, ridiculement pédantesques et ignorants. Le docteur Juan Rana, dans un intermède qui porte le même titre ^, déclare sans façons « qu'il vit de ce qu'il tue « et que toute sa science consiste à « saigner aujourd'hui et à purger demain ». Dans V intermède, des visions^, de Quinones de Benavente, s'engage entre le médecin et le malade qui s'appelle Rana, — nom très fréquent de ces sortes de Sganarelles espagnols, — un dialogue d'une saveur moliéresque ; le

1. Sans nom d'auteur, dans les Autos sacramentales, primera parte (Madrid, 1655), p. 107. British Muséum.

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