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Lope : Nuit de Tolède^ p

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l'autre » ; le dédain remède à l'amour malheureux, c'est un thème que la comedia a utilisé très souvent et avec beaucoup de force. Dans V Amour à la mode d'Antonio de Solis, don Gaspar est le tyjDe de l'homme qui systématiquement trompe les femmes ; proche parent de don Juan, il les méprise et se vengée, en quelque sorte, sur elles, des souffrances qu'elles font endurer aux hommes. Le personnage qui ose se moquer de l'amour même est moins rare dans le théâtre castillan que ne le ferait supposer le sérieux avec lequel on considère cette passion et tout ce qui se rattache à elle. Mais le tempérament complexe et outrancier du peuple espagnol qui se reflète daijs la littérature, y engendre des caractères ou plutôt des ébauches de caractères, qui s'opposent presque à ceux de la plupart des protagonistes exaltés de l'amour.

^ Si Eraste et Valère ont les attitudes des caballeros de la comedia, leurs valets, Gros-René et Mascarille semblent avoir été élevés à l'école des criados et des graciosos. Leur amour des soubrettes, se développant parallèlement à celui de leurs maîtres, passant par les

mêmes péripéties, rappelle la manière des dramaturges castillans qui savaient tirer des effets de contraste de l'attitude des maîtres et des ser viteurs K Molière les imite^quand Lucile rebute Eraste, Marinette montre du dédain à Gros- René; quand Eraste déchire la lettre de soni amante qu'il suppose infidèle, Gros-René croit devoir rompre avec Marinette; les reproches dont il l'accable sont semblables à ceux dont usent les valets de comedia en cette occasion ; il la traite de u femelle inique », de « crocodile trompeur » ; quand Gros-René et Marinette se réconcilient et se câlinent, ils se servent, pour exprimer leur amour, de métaphores bien éclatantes : ils se nomment « chère comète », « arc-en-ciel de mon âme » , «. mon astre » ; toutes ces épithètes dissimulent un dessein de parodie du pathos de leurs maîtres et de leurs maîtresses : il en est de même dans le drame castillan. Notons aussi que le travestissement de la jeune fille, élevée en garçon, est très fréquent dans les nouvelles italiennes ou de Cervantes ; il se retrouve dans la comedia ; quant au dénouement

1. Voir, par exemple, Calderôn : Il est difficile de garder une maison à deux portes, p. 136-140.

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qui, chez Molière, fait épouser à Ascagne Tadorateur de sa sœur, on le rencontre souvent dans le théâtre espagnol.

"^ On a prétendu' que Molière avait emprunté rintrigue des Précieuses ridicules aux acteurs italiens qui ont simplement porté sur la scène la Précieuse ou le Mystère de la ruelle de Tabbé de Pure ; mais il est beaucoup plus vraisemblable qu'il s'est inspiré des Espagnols. « L'idée d'un valet se substituant à son maître — dit Despois — avec ou sans l'aveu de celui-ci, se trouvait déjà, bien avant Tabbé de Pure, dans une pièce qui avait fait fureur, Jodelet ou Le Maître valet de Scarron, jouée en 1645 ». Mais Despois ignorait que la pièce de Scarron n'était qu'une adaptation de : Où il y a des offenses, il ny a pas de jalousie, de Rojas; du reste, l'idée de la substitution d'un valet à un gentilhomme -, supercherie que l'on découvre ensuite, se rencontre dans beaucoup de comedias et d'intermèdes espagnols ; il nous semble que c'est de là qu'elle a passéchezMolière d'abord, puis, peut-être parson

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