‹ Molière et l'EspagneChapitre 65 sur 109 · Sainte-Beuve, Port-Royal, t. III, p · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, Port-Royal, t. III, p

2. Despois-Mesnard citent (IV, 497) un couplet satirique, datant de 1652 ou 1656, qui montre qu'on se moquait assez plaisamment en France des doctrines célèbres des casuistes espagnols :

Le péché n'est plus qu'une fable, Escobar en est caution, Et l'on prend pour dupe le diable En dirigeant l'intention.

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gnèrent ni les dramaturges espagnols, ni surtout les romanciers et les nouvellistes picaresques K Nous reconnaîtrions donc, à son aspect, que Tartuffe est originaire d'Espagne, même si nous n'avions pas le moyen de le prouver. Mais cette preuve ne nous fait pas défaut, et c'est une peine inutile que prennent certains critiques de renvoyer aux vieilles satires françaises de l'hypocrisie -. Despois-Mesnard, fidèles à leur méthode d'élimination, ne parlent que d'une nouvelle de Scarron : les Hypocrites ; or, c'est la traduction d'une nouvelle de Salas- Barbadillo : La hija de Pierres y Celestina \ où trois hypocrites : Montufar, Hélène et Mendez sont dépeints avec tant d'art que l'auteur est digne d'être comparé à Molière ou à La Bruyère,

1. Dans La fouine de Séville d'Alonso Castillo Solorzano,il y a un ermite imposteurcjui, par quelques traits, ressemjjle à Thypocrite de Molière. V. Despois-Mesnard, t. IV, 467.

2. Ainsi Prosper Blanchemain avait vu le germe de Tartuffe dans une des Satyres de Jacques Du Lorens {Le Moliériste, I, 83) ! Mais Molière lui-même n'a-t-il pas fait appel, dans la Préface de sa pièce, aux Espagnols, pour appuyer cet avis sien qu'on peut porter sur la scène les choses de la religion?

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