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caractéristiques et les plus frappants de son Tartuffe à ce Montufar et que même les situations et les péripéties les plus dramatiques de sa pièce, celle par exemple où Tartuffe joue la farce du pardon chrétien des injures (acte III, scène 6), relèvent de l'œuvre de Salas Barbadillo.
On a souvent cité aussi, à propos du Tartuffe^ une comedia de Tirso de Molina : Marta la piadosa ou La beata enainorada (l'hypocrite amoureuse) ; Puibusque l'a nommée « une Tartuffe en mantille » ^ et le comte de Schack est allé jusqu'à soutenir que la pièce de l'auteur espagnol était supérieure à celle de Molière ; mais il est de notre devoir de protester aussi bien contre l'inexactitude du critique français que contre l'injustice de l'historien allemand. Tirso de Molina, malgré la dérision voulue de certaines peintures malicieuses qu'il fît des (( vices de son siècle », ne s'est pas proposé de faire, dans sa Marthe la pieuse, le procès delà fausse dévotion, de nous montrer « une Tartuffe en mantille » ; Marthe n'est qu'un représentant de ce type de femme, fréquent dans la comedia, qui use de l'hypocrisie comme d'une ruse