Etudes sur Molière, à propos du Misanthrope
est le type du fâcheux à la Sancho Panza ; selon Despois, « c'est bien probablement une bonne scène de Quinault que Molière a eu l'idée de refaire ici de sa main » ^. Gela est possible, mais la bonne scène dont il s'agit (acte II, scène VII) de r Amant indiscret ou le Maître étourdi est due à une pièce de Galderôn : El escondido y la tapada qu'a utilisée Quinault ; du reste, on en trouve d'analogues dans plus d'une comedia.
Quant au couplet d'Eliante, où il est parlé des amants pour qui « tout devient aimable » dans l'objet aimé, Despois-Mesnard font remarquer que c'est une imitation de Lucrèce [De reruni natura, liber IV, vers H49, etc.) : cela ne saurait étonner de la part du traducteur du philosophe latin. Mais Despois-Mesnard poussent plus loin encore leurs recherches de littérature comparée et citent Génin et Gastil-Blaze qui avaient signalé « le plus intéressant rapprochement » entre le couplet d'Eliante et celui qu'on trouve dans les Trois Dorothée ou Jodelet souffleté (qui devint plus tard Jodelet duelliste), lorsque Félix révèle à Jodelet le secret de ses conquêtes galantes. En effet, ce sont les mêmes
i. Œuvres de Molière, t. V, p. 529.
idées et exprimées sous une forme identique : « Scarron avait à sa manière tiré parti de Lucrèce ou d'Ovide ». Despois-Mesisnrd bornent là leurs investigations ; mais ils auraient dû citer l'orig-inal de la pièce entière de Scarron, La traicion biisca el castigo de Rojas où Ton trouve, entre autres (P'' acte, scène I), un couplet de don Andrés ; c'est donc à l'auteur espagnol et non pas à Lucrèce ou à Ovide qu'il avait eu recours. Du reste, il n'est pas impossible que Rojas ait tiré parti des poètes latins en écrivant sa comedia, mais Scarron et peut-être Molière n'avaient pas besoin de remonter jusqu'à eux : le répertoire espagnol était inépuisable. Notons, en terminant, l'analogie qui existe entre le dénouement à' El mayorazgo figura de Solôrzano (adapté par Scarron sous le titre de Y Héritier ridicule) et celui du Misanthrope ^ : Célimène et Hélène de Torrez sont abandonnées à la fin de la même manière par leurs galants ; mais ce n'est qu'une identité de situation, le caractère des deux héroïnes est différent malgré quelques traits de coquetterie qui les rapprochent.
Le Médecin malgré lui est saturé d'éléments