‹ Molière et l'EspagneChapitre 79 sur 109 · Molière'' s Leben und Werke, p · texte numérisé non relu

Molière'' s Leben und Werke, p

Or, Fintrig-ue et les personnages justifient ^ d'après nous, cette proposition.

cVdraste, Isidore agissent exactement comme les amoureux de la comedia ; Don Pèdre, le jaloux importun, sorte d'Arnolphe plus comique, est dupé par des ruses fort à la mode chez lesdramaturges espagnols. Le Sicilien exprime encore, entre autres, cette moralité de ï École desr maris, « qu'on ne peut pas garder une femme, si elle ne se garde elle-même » : voyez le dialogue entre don Pèdre et Isidore (scène VI) où celle-ci formule cette sorte d'axiome. Hali, le valet d'Adraste, semble avoir vu le jour sous le ciel d'Espagne : les stratagèmes par lesquels il favorise l'amour de son maître pour Isidore, il les a appris à l'école des cr/at/os ingénieux deLope et de ses successeurs; il met dans ses raisonnements (XIP scène), à propos d'un soufflet, cette philosophie un peu aigre que Jodelet — à l'aide de Rojas — avait rendue populaire sur la scène française. Le Sicilien, la seule pièce de Molière où il y ait, comme dit Voltaire, « de la grâce et de la galanterie », est d'une allure romantique : Molière s'écarte ici de la voie frayée par la plupart de ses comédies ; il ne cherche

pas à « observer la réalité », il écrit, pour ainsi dire, sous l'impulsion du courant héroïco-romanesque. Nous reconnaissons, d'accord cette fois avec Despois-Mesnard, que, grâce à ses détails si fins et souvent si poétiques, grâce à la couleur éclatante de ses peintures, « Molière nous laisse la vive impression d'un pays où les passions, comme les coutumes, sont celles de rOrient », nous dirions de l'Espagne qui, d'ailleurs, subit assez fortement Tinfluence de l'Orient. C'est encore TEspagne qui donna l'idée il Molière de mêler les esclaves à une aventure « moderne » . Les Italiens purent le faire songer ù des esclaves turcs comme Hali ou à des es- <;laves grecques comme Isidore, mais il en est surtout redevable à la comedia de Lope^ où l'on rencontre très souvent des esclaves « moros» et « moras » dans des situations analogues à celles où se trouvent ceux du Sicilien. S'il est vrai que cette pièce est « un tableau vivant et •exact de la Sicile au xvii® siècle 2 » — telle est aussil'opinion de Despois-Mesnard, — il convient <îependant de ne pas oublier que la Sicile fut

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