‹ Molière et l'EspagneChapitre 97 sur 109 · Gesprâche mit Eckermann,!, 2i · texte numérisé non relu

Gesprâche mit Eckermann,!, 2i

qu'aucune invention n'est vraiment une invention, et une invention féconde à son tour, qui ne se greffe, pour ainsi parler, sur quelque chose d'existant. Ainsi, chez nous, l'invention de La Fontaine qui n'a créé le sujet que d'une douzaine peut-être de ses Fables^ lesquelles n'en sont point les meilleures ; et ainsi l'invention de Racine, qui semble avoir mis une sorte de coquetterie supérieure à ne porter sur la scène presque aucun sujet que l'on n'v ait mis avant lui. Non seulement Racine n'a inventé ni Mithridate, ni Iphigénie, ni Esther, mais on avait mis avant lui, sur la scène française et en vers français, Esther, Iphigénie et Mithridate. Et, à vrai dire, c'est surtout au théâtre, ou plus généralement dans le domaine de la fiction, qu'il n'y a rien de plus méprisable qu'un fait. L'invention ne consiste donc point du tout à en imaginer d'inexistants, mais à s'emparer, je peux dire, de ceux qui existent, pour y mettre sa marque, ki marque de sa race, — made in England, made in Gerniany ; — celle de son temps, et, quand on le peut, celle de son individualité ^ ». Ces idées, que l'éminent critique

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