‹ Molière et la comédie italienneChapitre 110 sur 121 · II. — Page · texte numérisé non relu

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La dernière scène du Vecchio geloso revient sur l'aventure dont Pantalon a été la victime, et en tire le dénouement par un moyen des plus singuliers et des plus hardis :

(c Pasqualina fuggendo da Gratiano il quai la vuole abbracciare, Burattiuo si pone in mezzo ; Pasqualina racconta corne Gratiano gli ha tolto Thonore per forza; Gratiano si scusa con dir' dresser stato tradito e che non puo parlare per airhora, ma che ne fara vendetta. Burattino domanda à Pantaleone se, Gratiano havendo usato con sua moglie (Pasqualina], egli puo esser chiamato becco. Pantaleone dice di si. Âirhora Burattino, udendo cio, dice : « Signor Pan- (( taleone, sappia vostra signoria ch' io non son solo, « ma che vi sono degli altri becchi, enon moito Ion- « tano : e di volerli raccontare quello che è interve- « nuto ad un suo conoscenle; e narra corne, ritro-

(( vandosi in villa un vecchio geloso con sua moglic, (( alla quale faceva vigilantissima guardia, avyenne a che un giovane, cbe di lei inuamorato yiyeva, ne « sapendo corne goderla, trovo modo, col mezzo d'un « suo servitore, d'esser chiamato da un suo amico ce lontano da casa sua un qualche due miglia, e cosi (( presa licenza ando à nascondersi in casa d'una a donna sua arnica, aspettando quivi Toccasione e « Tordine con la donna dato. Nacque in quel mentrc « Yoglia allé fanciulle délia villa di voler ballare, e « cosi fatta bellissima radunata di donne e d'huoa miniballarini, cominciossi il ballo al suono di boc( nissimo stromento : e, baljatosi alquanto, la moglie « del delto vecchio geloso finge col marito di volere « un suo servitio fare, allecui parole trovandosi pre- « sente la donna, che la casa al suo amante prestata « haveva, con licenza del marito in casa sua la conu dusse. Et in bracchio deir amante la pose : in « tanto il buon vecchio, perla gelosia che délia sua « moglie haveva, alla porta si pose, et à tutti quelli u che intrar volevano, à tutti diceva che à disturbar « sua moglie non andassero, poich* elia un àuo ser- (( vitio faceva. Finito che hebbe Taccorta moglie il « suo amorbso lavoro, sene usci fuora di casa tutta (( suddata per la fatica che fatta haveva, e dal suo « pietoso marito li fu detto che, quando mai piu li venissero simili voglie^ che se le cavasse e non « stesse à patiri, e asciugandole il sudore dal voUo

« Taccarezzaya. » Pantaleone, sentendo il Bne cadere in suo pregiudicio, subito gridando dice d'esser tradito et assassinato da sua moglie. Oratio all'hora li dice che non lui, ma sua moglie esser Tassassinata, poicbè egli godendola Tba ritrovata donzella, e corne egli Tassassinava non usando seco, per esser egli impotente.. Pantaleone, yedendosi discoporto, confessa il vero, contentandosi cbe Isabella sia sua moglie, cosi si fanno le nozze d'Oratio con Isabella. a

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VEmilia de Luigi Grroto est une imitation de VFpidicm. Elle fut publiée pour la première fois en 1579, et jouit d'une longue réputation. II en parut une édition avec une traduction française en regard du texte italien , à Paris , chez Matthieu Guillemot, en 1609.

En voici le sujet en quelques mots : Ghrisoforo ! [Epidicus de Plante), valet de Polipo (Strattippaclès), I jeune soldat, fils d'un père opulent, a été chargé par son maître, qui est allé au siège de Nicoste, en Tile de Chypre, d'acquérir par tous moyens Flavia, esclave d'un marchand d'esclaves nommé Ârpago. La scène se passe à Constantinople. Ghrisoforo sait que le père de son jeune maître, le vieillard Polidoro, maintenant

Yeuf de son épouse légitime, a toujours une première femme et une JBlle qu'il a laissées autrefois à Nicosie, et que cette iille, nommée Ëmilia, doit bien avoir à présent une vingtaine d'années. Le valet nMmagine rien de mieux, pour exécuter Tordre de son maître que de faire passer Flavia pour cette Émilia, et d'arracher au père qui n'a jamais vu sa fille l'argent nécessaire à la rançon de l'esclave. C'est ce qu'il fait, et il installe Flavia dans la prétendue maison paternelle.

Polipo revient du siège de Nicosie , mais il a oublié Flavia. Il aime une jeune fille qui, prise en Chypre, est emmenée en captivité. C'est celle-ci qu'il a promis de racheter, et pour laquelle il lui faut immédiatement de l'argent qu'il charge Chrisoforo de lui trouver.

Chrisoforo s'avise de persuader au vieillard que son fils est amoureux d'une courtisane, laquelle est aiméç en niéme temps du capitaine Fracassa. Il lui propose de faire une bonne affaire en achetant la courtisane, qu'il reviendra, avec bénéfice, à Fracassa, et d'éloigner de la sorte celle qui est un danger pour ' son fils.

Toutes 'c;^s fourberies se découvrent. Lucida, la mère d'Émilia, arrive elle-ménîB de Chypre. Polipo apprend que la captive est sa sœur. « Tu as acheté ma maîtresse sous couleur qu'elle fût râa sœur, dit-il à son valet, et j'ai acheté ma sœur croyant acheter

une maîtresse.» Polipo revient donc à Flavia, qui lui a montré de la tendresse et du dévouement, et qui se trouve être la fille d'un voisin et ami de Polidoro. Émilia épouse un compagnon de Polipo, chez qui elle a été logée; remarquez que cette héroïne ne parait pas dans la pièce. Enfin Ghrisoforo, malgré toutes ses fourberies, triomphe, et lui aussi se marie avec une suivante de Lucida; Lucida devient la femme légitime du vieux Polidoro, ce qui ne fait pas moins de quatre mariages au dénoûment.

Chrî )foro, comme Epidicus, est récompensé, au lieu d'être puni suivant ses mérites. On pourrait toutefois trouver que leur destinée n'est point la même, puisque Epidicus gagne par son astuce la liberté, et que Chrisoforo, au contraire, engage la sienne ; ce qui, aux yeux de quelques-uns, pourrait rétablir les droits de la morale qu'on a tant accusé Plante d'avoir méconnus.

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