GRILLO
Avec le trésorier et les sequins. Oh ! le superbe butin ! LE CAPITAINE.
Quel butin? Quand je fus sorti du palais, arrivé sur la place, je te pris mon trésorier par un pied et le lançai en Tair jusqu'à la voûte du ciel. Avant qu'il retombe, ses sequins auront le temps d'ôtre démonétisés.
LE PÉDANT
En quel âge du monde se passa ceci ?
LE CAPITAINE
n y a cinq ans environ, pas davantage.
Un des traits les plus plaisants de ce rôle qui nous reviennent à la mémoire est celui de ce capîtan à qui Ton reprochait d'avoir laissé enlever sa maîtresse par les corsaires barbaresques, et qui répondait : « Debout sur la proue de mon vaisseau, j'étais dans une telle fureur que le souffle impétueux qui sortait de ma bouche frappant les voiles du navire ennenii lui imprima une impulsion si rapide qu'il fut impossible de l'atteindre. ' » C'était là le ton ordinaire de ce personnage qui fut si longtemps applaudi sur tous les théâtres de l'Europe, et dont nous ne comprendrions bien le succès que si le règne des traîneurs de sabre recommençait parmi nous.
Francesco Andreini, outre l'emploi du capitan qu'il tenait avec une grande supériorité , créa le type du Dottore siciliano et celui du magicien Falciro?ie. C'était un artiste universel, au dire du savant comédien Bartoli qui a fait son éloge. Il jouait de tous les instruments de musique. Il parlait cinq langues outre l'italien : le français, l'espagnol, l'esclavon, le grec et même le turc. Quelle qu'ait été sa véritable connaissance de ce dernier idiome, il fut du moins l'un des premiers à faire