‹ Molière et la comédie italienneChapitre 58 sur 121 · SCAPIN · texte numérisé non relu

SCAPIN

fortime, il ne sait pas résister aux caresses de «a chère moitié.

Noos insistons sur le caractère de ce personnage^ parce qu'on en fait général^nent un valet intrigant, de la même famille que Scapin, et que nous croyons que Riccoboni s'est trompé et a induit en erreur sur ce point ceux qui s'en sont rapportés à lui.

VJnaveriito n'est pas la seule œuvre de Nicolo fia]i)ieri. Mais dans ses autres compositions il fut moins fidèle aux traditions de la comédie de l'art; il 0éda, à son tour, à la tendance qui emportait le âiéàtre italien vers les complications extravagantes et les spectacles fantastiques. Outre deux tragi-comédies, ClotUda et rOristilla^ nous avons de Barbieri ce qu'il appelle un opéra tragica , intitulé : // principe Eleuriendo di Perua^ et une pièce mystique : La Luce imporporata^ iragedia di santa Lucia^ imprimée à Rome en i 651 .

n éprouva aussi ce vif besoin de réhabiliter sa profession que ressentaient particulièrement en France les comédiens italiens. H publia dans ce but « La Suppiica, discours familier de Nioolo Barbieri dit Beltrame, adressée à ceux qui, en écrivant ou en parlant, s'occupent des acteurs pour obscurcir les mérites de leurs actions vertueuses ; lecture destinée à ces galants hommes qui ne sont

pas critiqueurs de parti pris ni tout à fait sots (1634) *. » Il dédiait son ouvrage « à la Très chrétienne Majesté de Tinvincible Louis le Juste, roi de France et de Navarre. » Il nous a transmis dans ce livre un grand nombre de renseignements intéressants, dont plusieurs sont utilisés dans Taperçu historique que nous traçons.

Pendant cette période du gouvernement de Richelieu, notre art comique suivait une marche ascendante continue. Après Hardy étaient venus Théophile, Racan, Mairet et Gombault, puis Rotrou. Des Marets, Scudéry, Pierre Corneille, qui faisait jreprésenter Mélite en 1629, le Menteur tu 1642, Tannée même de la mort du cardinal-ministre. Les écoliers devenaient les maîtres. Le géine français dépassait de beaucoup le génie italien ; et celui-ci, réduit à un rôle inférieur, ne fournissait plus, pour ainsi dire, qu'aux menus plaisirs de la cour et de la nation.

1. La Supplica, Uiscorso famigliare di Nicolo Barbieri dello BeUrame, direlta à quelli che scrivendo o parlando trattano de coniici, trascurando i meriU délie azioni Tirtuose.

Lettura per que' galanthuomini che non sono in tuUo critici ne affato balordi.

In Venetia, con licenia de* superlori e privilegio per Marco Ginammi, Tanno 1G34.

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