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repré^ntation. Dans a rËxplication des âécoratioQQs du théâtre' et les arguments de la pièce S » imprimés en guise de livret, on remarque les ballets par lesquels chacun des trois actes se termine; le premier est composé de <c quatre ours et quatre singes, lesquels, au son de petits tambours, font une plaisante danse; » le second est composé d'autruches, a lesquelles, s'abaissantà une fontaine pour boire, forment une danse; )» le troisième n'est pas moins ingénieux : «Cependant, dit le livret, arrive un Indien, lequel ayant fait, la révérence au roi Nioomède, raconte que, parmi les marchandises qu'il conduisait dans son navire, il y avait cinq perroquets dont il lui faisait offre, et les £ait apparti^r dans une cage. En même temps, quatre Indiens font un petit bal à la moresque ; entin les perroquets s'envolent des mains de leurs maîtres et les laissent désespérés de cette perte ; après quoi s'a-
1 . « la Folle supposée (ia Finia Pazsa) ouvrage da eéièhi« Giulio Strozzi, très-illustre poète italien, qui se doit représenter par la grande troupe royale des comédiens italiens entretenus par Sa Majesté dans le Petit-Bourbon, par le commandement de la Reine mère du roi Très-Chrélien (Louis XIV]. Imprimé à Paris en no?embre 1645. •
Dans l'extrait du privilège pour l'impression de ce programme, il est marqué : a qu'il est permis au sieur Jacomo Torelli da Fano de faire imprimer en français l'explication des décorations du théâtre, ensemble les arguments de la Folle supposée^ faits en Italie par ledit sieur ToreUi. »
chëve la pièce, et s'en vont tous s'embarquer pour la gaerre de Troie. »
La Finta Pazza obtint un brillant succès, auquel les cantatrices, « la gentille et jolie Gabrielle Locatelli, qui était une vraie lumière de Tharmonie, Griolia Gabrielli et Marguerite Bertolazzi, dont la voii était si ravissante qu'on ne pouvait les louer dignement, » paraissent avoir eu la plus grande part'.
. A Tépoque où les Italiens offraient au public ces attrayants spectacles, une jeune troupe d'enfants de famille, la plupart Parisiens de naissance, s'étant associés pour jouer la comédie sous le titre de l Illustre Théâtre^ donnèrent, d'abord au Jeu de paume des Métayers, proche la tour de Nesle, puis au Jeu de paume de la Croix-Noire, «ur le quai des Ormes, au port Saint-Paul, des représentations
1. A la page 6 de rimprimé, on lit : a Flore sera représentée parla gentille et jolie Loulse-Gabrielle Locatelll, dite luci'/e, qoi« aTec sa vivacité, fera connaître qu'elle est une vraie lumière de rharmonie. •
A la page 7 : « Cette scène sera diantée, et Thétis sera représentée par la signora Giulia Gabrielli, nonunée Diane, laquelle à merveille fera connaître sa colère et son amour. »
Même page : o Le prologue de celte pièce sera exécuté par la très-excellente Marguerite Bertolazzi, dont la voix est si ravissante, que je ne puis la louer assez dignement. »
Due scène est suivie de celle note : « Cette scène sera toute sans musique, mais si bien dite qu'elle fera presque oublier l'harmonie passée. »
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beaucoup moins fastueuses. Dans cette troupe s'était engagé le fils d'un tapissier, valet de chambre du roi, Jean-Baptiste Poquelin, qui se fit appeler Molière, La jeune troupe, obligée de lutter contre la mise en scène splendide du Petit-Bourbon, et contre les grandes pièces de Thôtel de Bourgogne, RodoguneAe Pierre Corneille, Jodelet ouïe Maître- Valet de Scarron, la Sœur de Rotrou, ne faisait pas fortune. Les recettes étaient insuiTisantes ; le tt garçon nommé Molière, » c'est ainsi qu'en par-» lait alors Tallemant des Réaux, fut, au mois d'août 1643, emprisonné au Ghâtelet, faute de pouvoir faire honneur aux obligations qu'il avait contractées au nom de la troupe. Mis en liberté sous caution, ayant, à Taide de ses amis, payé ses dettes, il se résolut de quitter Paris avec ses associés, laissant le champ libre aux troupes qui accaparaient la faveur publique. On pense bien, toutefois, qu'à ce moment où il entrait dans la carrière du théâtre, Molière avait prêté une vive attention aux Italiens, se$ trop heureux concurrents.
Si nous en croyons Le Boulanger de Ghalussay, l'auteur A'Élomire hypocondre^ Molière aurait positivement reçu de Scaramouche des leçons de pantomime, et lui aurait dû ses progrès dans l'art du comédien :
Par exemple, Ëlomire
Veut se rendre parfait dans Fart de faire rire ;
Que fait-il, le matois, dans ce hardi dessein ?
Chez le grand Scaramouche il va soir et malin.
Là, le miroir en main et ce grand homme en face,
Il n'est contorsion, posture ni grimace
Que ce grand écolier du plus grand des bouffons
Ne fasse et ne refasse en cent et cent façons :
Tantôt, pour exprimer les soucis d'un ménage,
De mille et mille plis il fronce son visage,
Puis, joignant la pâleur à ces ridéâ qu'il fait,
D'un mari malheureux il est le vrai portrait.
Après, poussant plus loin cette triste figure.
D'un cocu, d'un jaloux, il en fait la peinture;
Tantôt à pas comptés vous le voyez chercher
Ce qu'on voit par ses yeux, qu'il craint de rencontrer ;
Puis, s' arrêtant tout court, écumant de colère,
Vous diriez qu'il surprend une femme adultère ,
Et Ton croit, lant ses yeux peignent bien cet affront,
Qu'il a la rage au cœur et les cornes au front.
La troupe italienne ne fit pas cette fois un long séjour à Paris ; elle partit à la fin de Tannée 1647 ou au commencement de 1648. On entrait dans les années de la Fronde. Du 26 août 1648, journée des Barricades, jusqu'au 7 février 16S3 où Mazarin rentra à Paris, il n'aurait peut-être pas fait trèsbon dans cette ville pour les compatriotes du cardinal-ministre. Mais dès que son autorité fut ré-
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tablie, les Italiens ne se firent pas attendre. Loret, dans la Mttse historique^ nous signale l'arrivée
D'une troupe de gens comiques Venant des climats italiques,
qui débuta, le dimanche 10 août 1653, dans la salle du Petit-Bourbon. Les principaux acteurs de cette troupe étaient les mêmes qui étaient venus précédemment : Scaramouche, Trivelin, Âurelia, Horace. Le Pantalon se nommait Turi, de Modène. Ange-Auguste-Constantin Lolli, de Bologne, jouait le personnage du docteur Gratiano Baloardo. Le fils du docteur faisait les seconds amoureux sous le nom de Virginio. La soubrette se nommait Béatrix. Cette troupe avait en outre un acteur jouant les rôles niais, sous le nom de Jean Doucet,
Franc nigaud, comme chacun sait,
dit le gazetier Loret. Yalet de Scaramouche, il faisait pâmer de rire les spectateurs. Ce nom, inventé sans doute pour la scène française, ne resta pas au théâtre, et le souvenir s'en effaça en même temps que disparut l'acteur qui l'avait porté.
Scaramoache reçut toujours le plus favorable accueil du jeune roi et de son ministre. Scaramouche et Jean Doucet eurent tant de succès à la ville et à la cour, que les baladins et figurants, qui représentaient à cette époque les mascarades et les ballets du roi, ne trouvèrent rien de mieux, pour égayer les fêtes du Louvre , que d'imiter les bonflfons italiens. Ceux-ci voyaient alors à la tête de la musique royale un de leurs compatriotes, Jean-Baptiste Lulli, qu'on nommait Baptiste tout court, lequel était digne de lutter avec eux. Il ressaya plus d'une fois. Baptiste fit exé> cuter, le 16 janvier 1657, un ballet auquel le jeune roi prit part, ballet italien-français intitulé Amor malatOy TAmour malade. Deux grands médecins, le Temps et le Dépit, et la Raison, prudente garde-malade , sont en consultation au chevet de l'Amour. Le Dépit voudrait lui administrer une bonne dose d'antimoine, qui l'enverrait tout droit ad patres^ mais les deux autres s'y opposent et décident que le moyen de procurer la guérison du malade, c'est de te distraire par une suite de divertissements et de mascarades récréatives. Ces divertissements et mascarades constituent les en^ trées du ballet.
Dans la cinquième entrée^ « onze docteurs re-
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çoivent un docteur en ânerie, qui, pour mériter cet honneur, soutient des thèses dédiées à Scaramouche. »
Scaramouche est représenté par Baptiste Lulli.
L'âne-docteur qui subit la thèse est un baladin nommé Lerambert.
Les onze docteurs assistants se nomment Du Moustier, Lambert, Geoffroy, La Barre laîné, Donc, Grenerin, Des Airs le cadet, Vagnac, Laleu, Bonnard, Brouard. Ces noms sont de ceux qu'on rencontre le plus fréquemment sur la liste des danseui-s et des acteurs employés à la cour à cette époque-là.
Suivant Tusage universitaire, on a fait imprimer un placard qui a été distribué avec le livre du ballet et qui est ainsi conçu :