PREFACE. IX
du seigneur Polichinelle et de plus d'un type de la commedia delV arte ; seulement les uns prétendent qu'il faudrait peut-être la transporter dans l'antiquité, les autres qu'elle ne doit pas être reculée au delà de l'âge moderne. En tout cas l'abbé Galiani la rajeunit trop en l'attribuant au siècle passé, qui, pour lui, était le dix-septième siècle. Polichinelle est plus vieux que cela, sans contredit. Je ne méconnais, je le répète, ni son ancienneté ni sa popularité. Mais il a eu chez nous une destinée à part : il n'a brillé que sur les théâtres de marionnettes ; il n'apparaît point ou guère dans les troupes italiennes qui vinrent en France; il ne s'est point fait place, non plus, sur notre scène comique. C'est encore Molière qui, dans un intermède du Malade imaginaire ^ lui a donné le plus grand rôle ; mais il n'est là qu'un prête-nom ; il ne fait que remplacer le Pédant, comme on le verra dans la suite de ce livre, et n'a point son caractère original.
Truffaldin, le zanni vénitien, n'eut son succès que plus tard. Le Narcisino^ dessevedo de Mal albergo, les Giangurgoli calabrais n'émigrèrent point. Le Pagliaccio n'engendra que vers la fin