VIII PRÉFACE
on n'aura pas de peine à reconnaître que l'auteur de la Princesse d'Elide a montré dans les scènes où il le suit de plus près une intelligence délicate du texte de Moreto. On ne rencontre ni chez les contemporains de notre grand comique ni dans les canevas italiens une imitation ou une adaptation de El Marido hace inujer^ et c'est cependant Mendoza (j'en donnerai la preuve) qui a fourni les plus utiles des indications mises en œuvre dans V Ecole des Maris. Molière connaissait si bien l'espagnol qu'il est probable qu'il l'écrivait. Dans une note manuscrite du sieur du Tralage, on lit: «Ze Carnaval., mascarade, 1675. Les vers françois sontde... ; les vers espagnols sont de Molière» (i). Ces vers espagnols sont ceux qu'on a d'abord chantés dans la troisième entrée du Ballet des Nations., après le dernier acte du Bourgeois gentilhomme. Celui auquel on les attribue a composé la plus grande partie de son œuvre dans les années où la langue des deux reines de France fut le plus à la mode à Paris. Il est assez naturel de supposer qu'il n'éprouvait aucune peine à lire les
(1) Cf. le tome V de la Nouvelle collection moliéresque. Paris,