PRÉFACE IX
comédies espagnoles qui se trouvaient dans sa bibliothèque (i).
Il ne devait pas en éprouver davantage à entendre la troupe de Prado qui en 1660 vint à la suite de Marie-Thérèse s'installer à Paris. Sans doute, ces «comédiens de Castille», comme les appelle Loret en annonçant leurs débuts, ne semblent point avoir eu en France un succès bien considérable. C'est surtout que le gros public ne les comprenait point, et c'est aussi que leur spectacle offrait des couleurs trop spéciales et trop fortes à ceux-là même qui n'ignoraient point leur langue. Il n'en est pas moins certain qu'ils ont joué plus d'une fois leur rôle dans les représentations otficielles et qu'ils n'ont quitté Paris qu'assez peu de temps avant la mort de Molière. Nous n'avons malheureusement aucun renseignement précis sur les diverses pièces qu'ils ont représentées. Nous savons seulement d'après Loret qu'ils étaient «tant comiques que sérieux» et qu'ils chantaient et dansaient des ballets. Cela veut dire qu'ils jouaient à Paris comme à Madrid des comedias dont les entr'actes étaient remplis par des bailes ou des
(1) Cf. EuD. SouLiÉ. — Recherches^ sur Molière, p. 92 et 269. Paris,