L. «Quoi donc?». T. «Du sucre seulement, des dragées et de
la gelée».
(2) Elle est intitulée: Hombre pobre todo es trazas.
LES DÉBUTS DE MOLIERE 6l
présente : «Puisque vous me permettez de vous baiser les mains, Madame, permettez aussi à mon âme de ne vous offrir qu'une muette adoration. Pour vous louer, c'est un grossier instrument que la langue. Ou bien, c'est à vous-même de vous adresser des éloges, car le dieu des sciences veut qu'étant la quatrième Grâce vous so3'ez la dixième Muse». Doua Beatriz ne réplique pas sans raison : «Si préparée, Monsieur, a été votre entrée qu'il me faudra du loisir pour étudier ma réponse» (i).
Comme la comedia, la farce s'était emparée en Espagne de ces personnages de l'un et de l'autre sexe qui, précieuses ridicules ou petits marquis, ont une égale horreur de la simplicité naturelle. Un «entremes», qu'on peut sans trop d'invraisem-
(1) Dans deux comedias qui traitent un sujet analogue à celui de l'École des Maris, dans El mayor imposible (le comble de l'impossible) de Lope et dans la "refundiciôn» que Moreto en a tirée sous le titre: No puede ser guardar una mujer[\[ est impossible de garder une femme), on voit une dame tenir chez elle une académie. Chez la reine Antonia de Lope, Feniso récite un sonnet, Albano fait deviner une énigme, Lisardo dit une glose sur trois vers, et Roberto trois «décimas» (stances de dix vers) (I, 2). Sur l'invitation de lacadémie que préside dona Ana de Moreto, Alberto a écrit un sonnet, don Diego une glose sur un seul vers, don Pedro une «octava», don Félix une «décima», et dona Ana elle-même a composé une énigme (I, 2). — Ces deux scènes nous donnent tout à t'ait l'impression d'une séance en un hôtel de Rambouillet espagnol.
blance attribuer à Lope (i), El marqués de Alfarache^ lance contre eux des traits qui manquent parfois de finesse, mais non point de saveur. On se souvient de Mascarille appelant ses valets imaginaires (2) : «Holà! Champagne, Picard, Bourguignon, Cascaret, Basque, la Verdure, Lorrain, Provençal, la Violette ! Au diable soient tous les laquais ! Je ne pense pas qu'il y ait gentilhomme en France plus mal servi que moi. Ces canailles me laissent toujours seuU. Cette plaisante indignation, qui a sans doute été inspirée par Tristan rHermite(3), se rencontrait déjà dans «Pentremes»
(1) Cf. la notice de M. M. Menéndez y Pelayo dans le second volume des Obras de Lope de Vega, pubiicadas por la Real Academia espanola. Madrid, 1892.
(2) Dans un intermède de Benavenle intitulé El remediador, on voit aussi Salvador appeler des valets imaginaires.
(3) Cf. le Parasite (1654), L o :
«Holà, lio, Bourguignon, Champagne, le Picard,
Le Basque, Cascaret!...
Las d'aller, Triboulet! Où sont tous mes valets?
CASCARET
— Ils sont sur les degrez de la cour du Palais.