Préface du Tartuffe
VHUMOUR DANS SHAKESPEARE. 313
liëre, c'est avant tout le courage et le bon sens de ce grand homme, et il dit éloquemment :
« Si aujourd'hui le poète avait la hardiesse de peindre d'après nature^ comme dit Molière, et de rendre agréablement sur le théâtre les défauts de tout le monde; s'il osait attaquer les engouements du moment ; si^, au lieu de la glorifier, il flétrissait la bohème de Fart et des lettres; s'il mettait à nu l'ineptie de nos « grands hommes » ou la pauvreté de nos « brillantes » réputations ; s'il portait impitoyablement sur la scène nos grands écrivains organisant la réclame à défier le charlatan de foire ; s'il riait de la littérature pompeuse et guindée que personne n'ose ne pas admirer; s'il flagellait un peu nos hommes aux grands principes humanitaires^ aux idées généreuses; s'il raillait nos niveleurs insatiables^ nos défenseurs pathétiques du àiY^\\. nouveau, nos belliqueux apôtres de la Révolution et de la civilisation ; s'il défendait avec verve la société contre les attaques creuses et emphatiques qu'on accumule contre elle, et s'il découvrait l'inanité des idoles du temps, ne trouverait-il personne qui voulût rire avec lui * ? »
Pour suivre le programme que M. Ilillebrand trace à nos auteurs contemporains et que Mo-