‹ MolièreChapitre 24 sur 104 · Acte I, scène ii, v · texte numérisé non relu

Acte I, scène ii, v

« I,i: MISANTIIHOPE « -y.)

ORONTE

Est-ce que vous voulez me déclarer par là Que j'ai tort de vouloir... ?

ALCESTE

Je ne dis pas cela ; Mais, je lui disois, moi, qu'un froid écrit assommi^, Qu'il ne faut que ce foible à décrier un homme, Kt qu'eût-on, d'autre part, cent belles qualités, On regarde les gens par leurs mauvais cotés.

OKONTE,

Est-ce qu'à mon sonnet vous trouvez à redire ?

AIXESTE.

Je ne dis pas cela; mais, pour ne point écrire, Je lui mettois aux yeux comme, dans notre temps. Cette soif a gâté de fort honnêtes gens.

ORONTE

Est-ce que j'écris mal ? et leur ressemblcrois-je ?

ALCESTE

Je ne dis pas cela ; mais enfin, lui disois-je. Quel besoin si pressant avez-vous de rimer ? Et qui diantre vous pousse à vous faire imprimer ?. . .

ORONTE

Voilà qui va fort bien, et je crois vous entendre *,

Devant les maréchaux, Alceste emploie des formules bizarres pour concilier, croit-il, sa Irancliise et les convenances. En somme, on l'estime, les femmes l'aiment (« comment une femme pourrait-elle ne pas aimer Alceste ? » (lisait une des meilleures Célimènes qu'ait connues la Comédie-Française, Mlle Mars) ; mais il fait rire, et l'on se moque de lui :

Par la sangbleu ! Messieurs, je ne rrovois pas Atre Si plaisant que je suis -.

11 est plaisant sans le savoir et .sans le vouloir. Tout en lui est spontané, tout a l'accent personnel. Non certes, il MC saurait s'appeler Pessimisme. On a discuté sur ce personnage d'Alcesle — connue on discute sur certains grands personnages de l'histoire — , parce qu'il a sa profondeur

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