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Il --•ti<- VI. V. — :?---'i

et ses obscurités, et cela même est une ressemblance de plus avec la vie. Mais on sent qu'en le formant Molière a vraiment eu le pouvoir créateur, qu'Alceste aurait pu vivre, ou plutôt qu'il vit. Qu'importe que nous ignorions sa taille, son teint et telles autres particularités tout aussi peu importantes !

Molière tient-il pour Alceste, ou bien tient-ll pour Pbi-

linte? Cette question oiseuse, j'allais dire: cette question

absurde, a été souvent discutée : je me garderai bien de la

poser. Si Alceste est un être vivant, Pbilinte en est un

autre, que Molière a pris plaisir à mettre en face d'Al-

ceste, pour qu'ils s'opposent, conmie dans la vie; pour

qu'ils fassent contraster leurs qualités (car tous deux 'en

ont) et leurs défauts (car ils n'en manquent ni l'un

ni l'autre). Seulement, les qualités comme les défauts

de Pbilinte sont moins accusés, puisque Pbilinte, vivant

\ dans le monde et voulant y vivre, désireux de ne se

1 singulariser en rien (ce qui est justement ce qu'on appelle

*le bon ton et ce qui constituait au xvii^ siècle l'honnête

homme), Pbilinte s'est appliqué à émousser ce qu'il

pouvait avoir de trop saillant.

Est-il digne d'être l'ami d'Alceste, comme ill'a été avant

que l'action s'engage, comme il le redeviendra sans doute

quand la crise sera passée? Oui certes. Il a du goût, comme

Alceste, car ses compliments à Oronte sentent l'ironie, et il

juge les marquis juste ce qu'ils valent. Il n'aime ni l'in-

^. justice, ni la fourberie, ni la médisance, et Éliante sait

\ bien à qui elle parle, quand elle lui dit à l'oreille, au

1 commencement de la scène des portraits :

Ce début n'est pas mal ; et contre le prochain La conversation prend un assez bon train * .

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