‹ MolièreChapitre 44 sur 104 · I. La Délicatesse dans Vart, p. n3-ii · texte numérisé non relu

I. La Délicatesse dans Vart, p. n3-ii

LA MOUALK DE MOLIÈRE 1 3.'i

rilion. Écoutons Bourdaloue frappant comme un sourd dans son sermon sur l'Inipurelé : « Le comble du désordre, c<isi que les devoirs, je dis les devoirs les plus inviolables chez les païens mêmes, soient maintenant des sujets de risée. Un mari sensible au déshonneur de sa maison est le personnage que l'on joue sur le théâtre, une femme adroite à le tromper est l'héroifne que l'on y produit ; des spectacles où l'impudence lève le masque et qui corrompent plus de cœurs que jamais les prédicateurs de l'Évangile n'en convertiront, sont ceux auxquels on applaudit. » Ce sont là d'éloquentes paroles, et qui contiennent quelque vérité. Je me suis exprimé assez nettement sur Sganarelle, sur l'École des femmes, sur les invocations à l'amour des comédies-ballets pour que mon opinion sur ce point ne soit pas douteuse, et, bien volontiers, j'ajouterai qu'une œuvre comme Amphitryon risque singulièrement de faire jaillir dans le parterre le rire de scandale que j'ai dénoncé ailleurs*. Mais il importe aussi de ne pas tout accepter aveuglément dans les attaques lancées contre la morale de Molière.

Si un sujet comme celui d'Amphitryon est certainement scabreux, Molière pourrait, en quelque mesure, se défendre en disant que le sujet traité par lui l'a été aussi dans toutes les littératures, et surtout en rejetant la faute sur Rotrou et sur Plante. Quelle que soit chez Plante la noblesse d'Alcmène et la majesté de, Jupiter, que certains (Saint-Marc Girardin notamment) font sonner si haut, la situation est la même, et, si immoralité il y a, celte immoralité se complique d'impiété. — Molière pourrait dire encore qu'une œuvre comme y4 mp/uVryon ne donne, à vrai dire, aucun mauvais exemple. On peut souhaiter à toutes les femmes la vertu cl l'amour conjugal d'AIcmène, et à tous les maris de ne craindre que la mésaventure d'Amphitryon. Les

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