LES AMANTS MAGNIFIQUES
étude. L'oiricler de fortune Carlos, au dénouement du Don ^finchcy se découvre une naissance illustre, tandis que le
oslrate de Molière est épousé par une reine sans qu'ait changé son origine. La pièce jouée devant Louis XIV est donc à certains égards plus hardie que celle dont la hardiesse avait autrefois déplu au grand Gondé.
Un autre curieux souvenir se rattache aux Amants mafjnifîques. Le livret du Divertissement royal contient des vers de Molière pour le Roi, qui devait figurer et danser sous deux costumes, celui de Neptune et celui d'Apollon. Le Roi dansa-t-il, en effet, le 4 février? Robinet et la Gazette l'ont dit ; puis, Robinet s'est rétracté, sans doute par ordre ; le i3 et le 17, entouscas, le Divertissement royal fui rcprhr et Louis ne dansa pas. Louis ne dansera plus, ni dans les ballets de Molière, ni dans d'autres. Il a, dit-on, été frappé de ce que, moins de.deux mois auparavant, Narcisse vient de dire
I Néron dans Brilannicus, en lui dénonçant ses ennemis :
Quoi donc ? Ignoroz-vous tout ce qu'ils osent dire ?
« Néron, s'ils en sont crus, n'est point né pour l'Empire...
Pour toute ambition, pour vertu singulière,
Il excelle à conduin; un cliar dans la carrière,
A disputer des prix indijjnesdc ses mains,
A se donner lui-même en spectacle aux Romains,
A venir prodiguer sa voix sur un théâtre,
A réciter des chants qu'il veut «(u'on idolâtre,
Tandis que des soldats, de moments en moments,
\ont arracher pour lui d(.'S applaudissements. »
Ah ! ne voulez-vous pas les forcer à se taire ?
Au lieu de forcer les médisants à se taire, le Roi-Soleil
incline devant la critique que semblait lui adresser
llarine. Qu'on dise, après cela, que le théâtre ne corrige
p'jiiil !