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I. Acte III, scène xiii

V LE BOUUGEaiS GENTILHOMME rt I ()3

aimable à sa façon (qui est un peu celle de i'àne caressant lourdement son maître, dans la fable de La Fontaine), lorsque quelqu'un vient troubler la fête: Mme 'nurdain, Mme Jourdain elle-même, qui invective son iiri, qui invective Dorante, qui invective Dorimène. Dorimène sort en reprocliant à Dorante de l'avoir expo-

soe à cette avanie; Dorante se précipite après elle Mais

ici Covielle avec son stratagème; et dorénavant, nous

aurons encore çà et là des détails charmants et vrais, mais

qui émergeront en pleine fantaisie et en pleine farce.

vielle, qui a voyagé par tout le monde et qui connaît la

langue turque, a reçu les confidences du fils du Grand

1 Turc, en ce moment à Paris, et amoureux de la fille de M. Jourdain. Le fils du Grand Turc, dont un hasard heureux a voulu qu'il ressemblât beaucoup à Cléonte, ut faire de M. Jourdain son beau-père, et de son beaupère un mamamouchi, c'est-à-dire un paladin. M. Jourdain se prête à merveille à l'entreprise. On l'habille à la Turque, rasé, sans turban ni sabre ; et un prêtre turc, un muphti, qui chante, qui danse, qui invoque Allah avec des espèces de glapissements ou qui psalmodie d'étranges formules: « Hu la ba ba la chou ba la ha ba la da », le muphti interroge M, Jourdain, à la place duquel des Turcs répondent par des cris. Puis, le muphti, coiffé d'un turban garni de bougies allumées, et des derviches, avec des bonnets pointus que des bougies illumi-

; nent aussi, font mettre M. Jourdain à genoux, lui posent 1/. Tor m «ir |p dos et lui donnent des ronp-^ do bâton :

.\on tencr honta :

(Jiiesta star l'ultima affronta.

N'ayez pas honte, c'est là le dernier affront que vous iccevrez jamais »; et, en effet, on a coiffé M. Jourdain i du turban, on l'a affublé d'un sabre; il est désormais mamamouchi.

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