DU BOURGEOIS GENTILHOMME AUX FEMMES SAVANTES
Nous n'en avons pas fini avec la série de fêtes royales où Molière a joué le principal rôle, et, quatre mois après le Bourgeois gentilhomme, le 17 janvier 167 1, paraissait une œuvre tout aussi somptueuse, mais d'un genre bien différent, la tragédie-ballet de Psyché. Cette fois, c'était aux Tuileries que la pièce se produisait, dans une salle fort riche, construite tout exprès pour elle, qui ne servit que pour elle au xvii^ siècle, et où tout était aménagé pour les machines les plus compliquées, pour les splendeurs les plus féeriques: divinités descendant du ciel, Zéphyre enlevant Psyché et ses sœurs dans les airs, un merveilleux palais disparaissant subitement pour faire place à un lieu sauvage, trois cents divinités chantant et dansant sur des nuages au dernier intermède. Quand l'œuvre eut été jouée aux Tuileries pendant tout le carnaval, elle passa sur le théâtre de Molière, qu'il fallut pour cela restaurer et améliorer à grands frais. Aussi n'y parut-elle que le 24 juillet, pour être jouée avec un grand succès : trente-huit fois en 1 67.1 , quarante-quatre fois en 1672 et en janvier 1678. A partir de Psyché, le Palais-Royal fut pourvu de douze violons ; il s'enrichissait ainsi peu à peu, et il n'est pas inutile de le noter.