FLORIMONT
Et c'est do ces appas de qui nous devons craindre Ce mal dont par avance on me voit déjà plaindre : Car, pour peu que le peuple en soit encor séduit, Aux farces pour jamais le théâtre est réduit. Ces merveilles du temps, ces pièces sans pareilles ; Ces charmes do l'esprit, des yeux et des oreilles ; (Jcs vers pompeux et forts, ces grands raisonnements Qu'on n'écoute jamais sans des ravissements ; Ces chefs-d'œuvre de l'art, ces grandes tragédies. Par ce bouflbn célèbre en vont être bannies ; Et nous, bientôt réduits à vivre en Tabarins, Allons redevenir l'opprobre des humains ^.
(y est, en somme, la môme plainte qu^en termes plus mesurés exhalait déjà Lysidas dans la Critique :
On m'avouera que ces sortes de comédies ne sont pas proprement des comédies, et qu'il y a une grande différence de toutes ces bagatehes à la beauté des pièces sérievises. Cependant tout le monde donne là-dedans aujourd'hui ; on ne court plus qu'à cela, ot l'on voit une solitude effroyable aux grands ouvrages, lorsque dos sottises ont tout Paris. Je vous avoue que le cœur m'en saigne (pielquefois, cl cela est honteux pour la France 2,
Les détracteurs de Molière avaient-ils raison de lui attribuer une déplorable influence sur la situation et sur les destinées du théâtre? C'est ce que nous examinerons tout à l'heure. Mais ce que nous savons déjà, ce qu'ont surabondamment établi les chapitres qui précèdent, c'est combien ils avaient raison de signaler la constante présence de
1. Élomire hypocondre, acte IV, scène i (le Divorce comique).