‹ Molière jugéChapitre 106 sur 119 · BÉLISE, CLITANDRE · texte numérisé non relu

BÉLISE, CLITANDRE

BÉLISE

Et, dans tous les romans où j'ai jeté les yeux. Je n'ai rien rencontré de plus ingénieux.

CLITANDRE

Ceci n'est point du tout un trait d'esprit, madame;

On rit, je crois. C'est de l'embarras de Clitandre. Le dialogue de ces deux amants manque de vivacité.

BÉLISE Je vois où doucement veut aller la demande, Et je sais sous ce nom ce qu'il fiiut que j'entende. La figure est adroite ;

On pourrait donner un vernis de ridicule à ces femmes en leur faisant employer ad hoc les termes de rhétorique, comme Tartuffe emploie ceux de religion.

Il y a dans cet acte bien peu d'action ' ; elle ne commence qu'à la scène dernière, à la démarche que Clitandre fait auprès de Bélise. Cela est savant, l'auteur est profondément raisonnable, mais aujourd'hui on exigerait, et je crois avec raison, plus de vivacité, plus de cette qualité qui brille dans le Barbier de Séville. Les amants sont froids.

Pour expliquer Bélise jeune et non pas vieille comme on la montre au Théâtre-Français, elle a trente-deux ans, il faut supposer qu'elle a le tempérament de M™^ Lanfant qui parle de Zizette avec une horreur véritable. Ce point ci a été très bien vérifié.

Approuvé le 10 avril 18 14.

' On marche vers le dénouement, marche vers le bonheur désiré par les principaux personnages.

Je me sens appétit. Voilà l'exposition. Je mets une cravate pour aller diner Commencement de l'action.

ii6 MOLIÈRE JUGÉ PAR STENDHAL

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