PREFACE XXXI
Le Morceau Provençal que je vous dois également, fait déjà un fort bon repas.
Je regrette beaucoup madame Clarke'.
Agréez, monsieur, l'hommage de ma reconnaissance
H. Beyle 7 juillet, 11° 65, Rue Richelieu.
Monsieur,
Monsieur Faufiel.
Rue Neuve de Seine N" 68 près h rue de Tour non,
Paris -.
18 juiu, Corpus Domini, 1856.
Je n'ai pas dîné pendant 26 jours mon noble ami, et les dîners que je fais actuellement méritent bien peu ce respectable nom. L'appétit manque. La tête est faible, je lis des romans et je pense beaucoup à nos amis, signes de faiblesse. Je me suis traîné à la Muta di Portici, qui a le plus grand succès, malgré deux petits inconvénients, il n"y a pas de chanteuse et le Masaniello n"a pas de voix du tout. Tout se passe en chœurs, ils chantent avec verve, tant les coquins sont contents de n'être plus des Grecs ou des Romains, mais simplement des canailles de pêcheurs comme tels ils se permettent toutes sortes de lazis, et même des grossièretés sans lazis que le public prend fort bien. Croiriez-vous que ce public en est réduit à ce point d'abjection que deux jeunes avocats m'ont demandé si à tout prendre leur Muette n'était pas supérieure à celle de Paris ?
1 Note, Madame Clarke, (fille du capitaine Hay, de la marine royale anglaise, mère de Mary, femme de l'orientaliste Jules Mohl. Cf. K.O'Meara,
— Un Salon à Paris. Madame Mohl et ses intimes Paris, Pion, s. d.
[1886], in-i2.)
' Pièce autographe manuscrite conservée h la Bibliothèque de l'Institut.