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Mais il était érudit, compilait, compilait, et Janséniste, ce qui lui fait mêler les expressions de son horreur pour Molière et un des plus dangereux ennemis que le Siècle ou le Monde ait suscités à rÉglise de Jésus-Christ, » au relevé des opinions d'écrivains contemporains sur le comédien et l'auteur dramatique.
Celles du P. Bouhours, du P. Rapin, de Boileau, de Bayle, du sieur de Rochemont, de M^^^ Anne Le Fèvre, de Pradon, et de M. Rosteau, un amateur de belles-lettres, se trouvent rassemblées ici. Le passage sur le Tartuffe est à remarquer. L'Église n'écrirait plus de ce style contre l'hypocrisie « ou la fausse dévotion, » devenue la plaie nécessaire et sacrée. A peine, il est vrai, reste-t-il une trentaine de Jansénistes à Paris, dans les environs de Saint-Louis-en-l'Isle; à peu près autant que de Samaritains à Jérusalem.
Jean-Baptiste Poquelin de Molière, Par Charles Perrault.
Molière vivant n'eut pas à se louer au moins de Taîné des Perrault. Un beau matin d'octobre 1660, lui et sa troupe ne retrouvèrent plus leur théâtre : sans crier gare, Claude Perrault avait fait abattre THôtel du Petit-Bourbon, pour installer sur remplacement les chantiers de la colonnade du Louvre.
C'était celui de la famille qui de méchant médecin s'était fait bon architecte ; il y paraît à la notice de son frère Charles, où Molière est pris à partie pour avoir manqué de respect « à la médecine elle-même et aux bons médecins. » Dans son ensemble, elle est assez informée, cette notice, mais aigre, et écrite du ton de suffisance ordinaire au personnage
officiel. Le Contrôleur général des Bâtiments, membre de l'Académie des Sciences et des Inscriptions, se croit, vis à vis de Molière, sur le grand banc. Dans le dernier paragraphe Fauteur comique est résolument immolé à Facteur ; louable précaution , et bien efficace !
Avec cela, il convient de tenir compte à Charles Perrault de cette biographie ; elle figure, grâce à lui, dans les Hommes illustres, où Michel Bégon qui faisait les frais de la publication, se montrait assez peu disposé à lui donner place. Cet Intendant de La Rochelle, et curieux passionné, ébloui, comme le sont les gens en place, par les puissances et les dominations, jugeait Molière un assez petit compagnon, et de profession bien équivoque, pour figurer à côté de tant de Princes, Présidents, Généraux, Évêques, Érudits, etc. « J'estime Molière plus que Scarron, » écrivait-il rondement, (( mais ny Tun ny l'autre ne doivent passer pour des Illustres du
siècle (i). » Perrault sut enfin lui faire entendre que Molière était aussi un Illustre, dans son genre.
La notice, dans les Hommes illustreSy est accompagnée du beau portrait de Nolin, d'après Mignard, le seul vraiment original, et qui représente Molière sérieux et même un peu soucieux, tel qu'on se Timagine le plus aisément (2). Les armes allégoriques qu'il s'était composées, aux trois miroirs de Vérité^ sont gravées au bas de la bordure, et sans doute leur authenticité avait-elle été contrôlée par Bégon, éditeur fort scrupuleux. Si nous ne les avions trouvées décrites que dans le Mercure ga^
(i) Lettre à M. de Villermont, du 8 février 1689, citée par M. Georges Duplessis dans Un Curieux du xviF siècle. Michel Bégon, intendant de La Rochelle. Paris, A. Aubry, 1874, in-8.
(2) Ce tirage, qui est de cinquième état, après la reprise du cuivre par Edelinck ou Lubin (?), n'a pas de signature d'artiste. Voir Y Iconographie Moliéresque de M. Paul Lacroix, 2^ édition, in-8 1876, p. 18.
lant[i)^ entre celles aux Singes et celles aux Masques, nous les aurions supposées de fantaisie, et elles ne figureraient pas en tête de ce volume.
A. P.-Malassis.
(i) Voir p. 24 et 25.