‹ Molière; la critique idéale et catholiqueChapitre 22 sur 36 · LE MAITRE DE PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

LE MAITRE DE PHILOSOPHIE

Ce sentiment est raisonnable : Nam, sine

LE BOURGEOIS GENTILHOMME 2i3

doctrinâ, vita est quasi mortis imago. Vous entendez cela , et vous savez le latin , sans doute.

— Oui, dit le vaniteux au pédant; mais faites comme si je ne le savais pas. »

M. Jourdain apprendra-t-il la logique ? C'est trop « rébarbatif; « la morale?

« Qu'est-ce qu'elle dit, cette morale? riposte l'ancien marchand , l'œil soupçonneux.

— Elle traite de la félicité , enseigne aux hommes l'i modérer leurs passions.

M. JOURDAIN

Non , laissons cela. Je suis bilieux comme tous les diables, et il n'y a morale qui tienne : je me veux mettre en colère tout mon soûl , quand il m'en prend envie. »

C'est ainsi que nous entendons les choses, et que nous nous sentons vivre.... Le bourgeois d'alors avait ceci de particulier, outre sa petite culture, qu'ayant vécu, loin des armes, derrière son comptoir, il n'était pas seulement poltron, mais borné dans son horizon , et roi absolu d'un petit royaume où il entendait bien être, sans contestation, le maître de tout, excepté de lui-même. Déjà la Satire Ménippée^ faite par des bourgeois railleurs et moins naïfs que

M. Jourdain, respire , quatre-vingts ans avant Molière, la paix à tout prix, et la liberté des passions. 11 est possible que , de nos temps , tout ait changé.

M. Jourdain n'apprendra pas non plus la physique. Peu lui importent rarc-cn-cicl, le tonnerre, les vents, les tourbillons. « Il y a trop de tintamarre là-dedans, trop de brouillamini. » Il apprendra l'orthographe. — Il est évident que Molière se m.oque plus du philosophe que du bourgeois. Il réduit, pour finir, la philosophie du maître « à l'almanach et à l'alphabet. » M. Jourdain veut apprendre l'alphabet et l'almanach. Et nous assistons à la leçon trop connue pour que je la réédite sans profit. Le philosophe hautain de tout à l'heure fait prononcer les voyelles à son bourgeois de qualité, avec des explications telles que l'enfant pourrait les comprendre après l'éducation du sein maternel, « Que cela est beau ! » s'écrie M. Jourdain. « Vive la science! » — Quelle ironie! Quel abaissement cruel de la première des sciences! Quelle naïveté du bonhomme! Quel sel comique jeté à la poignée sur la vanité et sur l'orgueil! Vraiment Molière est trop méchant pour le bourgeois gentilhomme et pour son

professeur. J9 retiens un seul trait qui n'est pas le moins heureux. M. Jourdain , tout fier, répète sa leçon :

« A, E, I, 0, 10... Cela est admirable, I, 0, /O/))

L'orgueil du philosophe et la vanité du bourgeois gentilhomme se résument dans le cri de l'animal slupide qui portait jadis les légumes au marché. Est-ce tout? Pas encore. Le philosophe, après avoir appris i\ son écolier que « tout ce qui n'est point prose est vers , que tout ce qui n'est point vers est prose (l); « que c'est de la prose comme l'on parle, » devra lui enseigner à tourner et à retourner, de dix manières , cette phrase galante , fruit de l'imagination épanouie de son disciple amoureux : « Belle marquise, vos beauj' yeux me font mourir d'amour. » Car M. Jourdain aime une marquise. — Est-ce assez! Et qui est le plus bafoué? M. Jourdain ou son maître ? La vanité ou la philosophie ? La leçon est d'autant plus forte qu'elle est plus bouffonne. Cependant le bourgeois gentilhomme garde sa place ; il est à son rang de premier

(1) Il parait, suivant M°>e de Sévigné, qu'un jour le comte de Soissons s'étonna beaucoup « quand on lui découvrit qu'il faisait de la prose. »

personnage, et l'on peut même croire que Molière n'a tant abaissé la philosophie que pour la mettre au niveau de « V animal raisonnable «, mais très peu raisonnable , dont il a voulu se moquer. M. Jourdain occupe, de plus en plus, notre attention ; son tailleur lui a apporté un habit à fleurs (1) ; les garçons du tailleur parent le bourgeois de son habit neuf, et, en lui prodiguant les titres de gentilhomme, de monseigneur, de grandeur, vident sa bourse étonnée et plus avare d'habitude. Le paon loué, raillé et ruiné, pour le moment , fait la roue.

M. Jourdain , qui médite des entreprises criminelles (car il y a un drame dans cette comédie) , M. Jourdain reçoit une première et directe leçon faite à sa vanité ; elle lui vient d'assez bas, de Nicole sa domestique. Il y avait des domestiques, en ce temps-là, qui ennoblissaient

(1) Oa n'imaginerait guère que, par certains endroits, Voltaire était un vrai bourgeois gentilhomme : à Ferney , il portait un costume des plus bariolés : souliers de drap blanc, bas blancs de laine, culotte rouge, deux gilets; robe de chambre et veste bleues, semées de fleurs jaunes et doublées de jaune; perruque grise à trois marteaux, et par-dessus un bonnet de soie, brodé d'or et d'argent. Voltaire était aussi ridicule que le malade imaginaire à force de se soigner de toutes les manières. Et cet homme s'est moqué de tout le monde. (Voltaire, sa vie et ses œuvres, par l'abbé Maynard.)

leur état par l'affection dont ils entouraient leurs maîtres ; ils y gagnaient les droits d'une certaine familiarité. Nicole n'y fait pas défaut. Elle rit aux éclats , à la vue de cet habit à fleurs taillé dan* une étoffe dont M. Jourdain n'a que la moitié ; car le tailleur a gardé l'autre. Plus M. Jourdain se fâche, plus il semble ridicule dans ses ajustements inattendus ; et plus Nicole fait d'efforts pour ne point rire , plus elle est tentée de le faire , jusqu'au point qu'elle tombe k terre, dans l'excès de son hilarité, en disant à M. Jourdain :

« Tenez, battez-moi plutôt , et me laissez rire tout mon soûl, cela me fera du bien.... Hi, hi, hi , hi. »

Rendons justice au bourgeois gentilhomme ; il n'est pas assez méchant pour battre Nicole. M""" Jourdain , plus sérieuse (elle a aux alentours de la quarantaine), plus étonnée qu'on ne saurait l'imaginer, et mise hors de ses habitudes domestiques les plus modestes et les plus louables , essaie de faire entendre raison à son mari :

« Ah! ah! voici une nouvelle histoire ! Qu'est-ce donc, mon mari, que cet équipage-là ? Vous moquez-vous du monde, de vous être fait enhar-

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nacher de la sorte? et avez-vous envie qu'on se raille partout de vous?... Ily a longtemps que vos façons de faire donnent à rire à tout le monde.

M. JOURDAIN

Quel est donc ce monde-là , s'il vohs plaît ?

M'"^ JOURDAIN

Tout ce monde-là est un monde qui a raison, et qui est plus sage que vous. Pour moi, je suis scandalisée de la vie que vous menez. Je ne sais plus ce que c'est que notre maison. On dirait qu'il est céans carême prenant tous les jours ; et, dès le matin, de peur d'y manquer, on y entend des vacarmes de violons et de chanteurs dont tout le voisinage est incommodé. »

Que c'est bien le langage d'une ménagère vigilante et tranquille , femme d'ordre , et consommée dans la perfection des habitudes! Il n'y a pas jusqu'à ce carême prenant, vieux mot de souche chrétienne, qui ne sente les antiques habitudes du vieux Paris.

M. Jourdain lui-même n'est pas un malhonnête homme ; il fait ses Pâques, j'en suis sûr, et va régulièrement à la messe du dimanche, peut-être à vêpres; mais la vanité a ébranlé son imagination. II ne cédera pas, malgré Nicole qui vient au

secours de sa maîtresse; il a de l'animal dont il imitait naguère la voix (en étudiant la philosophie), rcntêtemcnt légendaire , sans avoir beaucoup plus d'esprit. Il répond à ces deux langues de femme :

a Taisez-vous, vous dis-je, vous êtes des ignorantes , l'une et l'autre ; et vous ne savez pas les prérogatives de tout cela! »

Toiot cela signifie : la danse, la musique, l'escrime , la philosophie ! Apôtre de la science , il veut instruire sa femme et sa domestique : a Ce que je vous dis i\ cette heure , qu'est-ce que c'est?

m"'" JOURDAIN (sagement).

Des chansons.

M. JOURDAIN

Eh! non, ce n'est pas cela. Ce que nous disons tous deux , le langage que nous parlons à cette heure ?

M*"" JOURDAIN

Eh bien ?

M. JOURDAIN

Gomment est-ce que cela s'appelle ? » L'ignorante M'"^ Jourdain, peu désireuse de

savoir ce qui est hors du catéchisme et de son

ménage :

« Gela s'appelle comme on veut l'appeler.

M. JOURDAIN (se rengorgeant).

C'est de la prose , ignorante ! »

Dans un certain milieu, les épithètes tiennent lieu de raisonnement, et renforcent la pensée, si pensée il y a.

M™*' JOURDAIN (éto7inée)-

De la prose?

M. JOURDAIN (en articulant chaque syllahe) .

Oui, de la prose. Tout ce qui est prose n'est point vers, et tout ce qui est vers n'est point prose. »

Quant à l'articulation des voyelles, grotesquement reproduite par M.Jourdain, sa servante, Nicole, désire savoir « de quoi est-ce que tout cela guérit. » Elle en veut surtout h « ce grand escogriffe de maître d'armes qui remplit de poudre tout son ménage. »

Nouvelle leçon : Le bourgeois arme Nicole d'un fleuret, il en prend un autre, il enseigne. Nicole, sans l'entendre, pousse une botte et touche son maître. Son maître se fâche ; elle ne l'a pas touché suivant les règles. Qu'est-ce que l'art auprès de la nature ?

Mais voici qui est plus grave ; Un certain

comte , nommé Dorante , fréquente la maison bourgeoise de M™" Jourdain, à son grand déplaisir :

« Vous êtes fou, dit-elle h son mari, avec toutes vos fantaisies; et cela vous est venu depuis que vous vous êtes mêlé de fréquenter la noblesse; et vous avez bien opéré avec ce beau M. le comte , dont vous êtes embéguiné. »

Je soupçonne là quelque noble ruiné; et M'"fl Jourdain, fort positive, du reste, me semble craindre pour ses écus, comme la poule pour ses poussins. Elle n'a pas tout deviné cependant, l'honnête femme ! M. Jourdain est bien près de devenir un scélérat conjugal ; mais n'anticipons pas. Ecoutons seulement le bourgeois gentilhomme. Après la vanité d'une science ridicule , la vanité de la qualité :

« Paix : songez à ce que vous dites. Savez-vous bien , ma femme , que vous ne savez pas de qui vous parlez , quand vous parlez de lui ? C'est une personne d'importance plus que vous ne pensez, un seigneur que l'on considère à la cour, et qui parle au roi comme je vous parle. »

C'est bon et naïf, malgré tout. Parler au roi, comme il parle à sa femme , serait l'idéal

du brave homme. Cela sent son respect et son affection pour la royauté. Le roi, pour ces excellentes gens qui croyaient à Dieu , était moins que Dieu, mais c'était l'image de Dieu. On possédait alors d'instruction élevée la dose juste , nécessaire , formulée en quelques termes légués par la tradition monarchique et l'enseignement de l'Eglise ; on avait le sentiment des deux grandes autorités divine et humaine , sans un seul doute. C'était suffisant pour maintenir l'ordre dans la famille et dans le royaume. On avait ses défauts petits ou grands, voire même ses ridicules, comme M. Jourdain. On en revenait; ou, du moins, si l'on en faisait souffrir quelques-uns , on en faisait rire bien d'autres. Dorante paraît, l'antipode de M. Jourdain, le cauchemar de M™^ Jourdain. « Il me semble que j'ai dîné quand je le vois, » dit aigrement l'implacable épouse. Quant au courtisan, en apercevant sa dupe et l'habit neuf, il ne sourit pas. C'est là un chef-d'œuvre de l'éducation raffinée. L'homme bien élevé reste maître parfait de ses impressions, même de celles qui font éclore sur les lèvres le rire irrésistible. Le seul inconvénient d'une aussi difficile possession de soi, c'est qu'en gardant la charité à l'ex-

térieiir, elle peut aider la dissimulation. C'est une arme pour la politique. La politique des cours , c'est l'intérêt. L'intérêt de Dorante c'est de tromper un naïf bourgeois et d'en tirer le plus d'argent possible. Ce bourgeois s'appelle M. Jourdain , amoureux par vanité (M™» Jourdain ne le soupçonnerait jamais), de la marquise Dorimène. Voilà le point noir de la comédie, le triste effet d'un défaut ridicule , la morale de la pièce. Mais Dorante :

« Mon cher ami, M. Jourdain, comment vous portez-vous ? «

Chaque parole est calculée dans cet exorde insinuant.

M. Jourdain , se croyant encore derrière son comptoir, et, si honoré qu'on ne peut l'être davantage :

« Fort bien. Monsieur, pour vous rendre mes petits services. »

Dorante est moins heureux du côté de l'épouse.

Il arrive souvent que la femme , par la miséricorde du ciel , a gardé le bon sens dont se passe monsieur son époux.

DORANTE

Et M"'^ Jourdain, que voilà, comment se porte-t-elle?

M™" JOURDAIN

M"^*' Jourdain se porte comme elle peut. »

M. le comte devrait comprendre , et tourner sur ses talons. Il a besoin d'argent. Si Molière s'est moqué des philosophes, il ne raille pas moins les nobles et la noblesse ; mais Dorante raille, en le louant, M. Jourdain:

« Vous avez tout à fait bon air , avec cet habit; et nous n'avons point de jeunes gens à la cour , qui soient mieux faits que vous. »

M. Jourdain s'épanouit.

DORANTE

Vous êtes l'homme du monde que j'estime le plus; et je parlais encore de vous, ce matin, dans la chambre du roi. »

C'est le comble.

M""" Jourdain a beau protester, à l'oreille de son mari; la louange et la vanité parlent plus haut. On dirait le double jeu de la conscience et de la passion.

D'ailleurs, comment douter de M, le comte? il vient demander à M. Jourdain ce qu'il lui doit, au juste. Somme totale: 15,800 livres dont 1,748 livres 7 sous, 4 deniers, au selHer de Dorante. La petite générosité du bourgeois

gentilhomme n'a pas même oublié ce qu'on appelle communément les rognures.

DORANTE

Somme totale est juste : 1 5,800 livres ; mettez encore 200 pistoles que vous m'allcz donner ; cela fera justement 18,000 francs que je vous paierai au premier jour. »

Avant l'août, dit la cigale, qui est une sorte de marquise oisive chez la gent animale. Lafontaine n'a pas observé l'homme avec moins de rigueur que son ami Molière.

Qui est surpris? M. Jourdain. La dupe, ce n'est pas sa femme ; l'intrigant , nous le connaissons; il aura son fromage, et je vois d'ici la bouche béante de M. Jourdain. Mais il donnera; et Dorante , non sans quelque ironie , veut consoler la tristesse de la ménagère désolée :

« Vous me semblez toute mélancolique. Qu'avez-vous , M">° Jourdain ?

— J'ai la tète plus grosse que le poing, et si elle n'est pas enflée. »

Ainsi de suite.

La grossièreté franche a raison contre la politesse menteuse.

M""® Jourdain est revèche , mais si honnête ! Dorante est trop bien élevé ; c'est le renard des

courtisans. Qualités et défauts de deux classes éloignées l'une de l'autre brillent par le rapprochement des personnes et l'opposition des caractères.

Si M""^ Jourdain paraît brutale, quand elle répond aux compliments de Dorante sur sa beauté passée , elle n'en reste pas moins femme , à sa manière :

« Trédame , Monsieur, est-ce que M™® Jourdain est décrépite, et la tête lui grouille-t-elle déjà?»

D'autre part, M. Jourdain est, jusqu'à l'hyperbole, la victime de sa crédule vanité; il a été chercher son or :

« Voilà, dit-il à Dorante, deux cents louis bien comptés. »

On s'est demandé plus d'une fois, si, dans une certaine classe assez vulgaire de la petite finance, la vanité l'emportait sur l'avarice , ou l'avarice sur la vanité. Il paraît , suivant Molière , que la fausse gloire a la préséance. Le diable n'y perd rien ; ce que la cupidité a édifié, l'amour-propre le sacrifie. En général, sans mettre en cause M. Jourdain , c'est justice qu'un vice en châtie un autre. Et la comédie n'est , dans la sphère étroite de la vie privée, que l'histoire du cœur humain lui-même.

Mais nous touchons à la dramatique péripétie (l'une pièce comique. Dorante parle bas à sa dupe. Il a dû remettre à certaine belle marquise un diamant offert par l'infidèle époux ; et M. Jourdain va donner à dîner chez lui , à Dorimène, en l'absence de sa femme qu'il enverra se promener quelque part. C'est invraisemblable ; qu'importe. — L'indiscrète Nicole en a assez entendu pour mettre l'alarme au cœur de sa maîtresse.

Alors M""" Jourdain :

« Ce n'est pas d'aujourd'hui, Nicole, que j'ai conçu des soupçons de mon mari. Je suis la plus trompée du monde , ou il va quelqu'amour en campagne ; et je travaille à découvrir ce que ce peut être. »

Pauvre femme!... La pauvre femme ne perd pas la tête , et, si elle est trompée , hélas ! par une espèce de Sancho Pança, par un Lovclace comique, nous l'admirons, quand elle ajoute:

« Mais songeons à ma fille. »

Comédie, tant que vous voudrez; ce n'en est pas moins la nature prise sur le fait, dans le désintéressement maternel.

Pour l'ingrat M. Jourdain, il a oublié sa femme et sa fille; l'amour, disons mieux, la

vani,i est en cause. Mais il est joué, comme le son. tQug les vaniteux , dans sa vanité et dans son ««our. Le comte Dorante n'est qu'un chevalier... d'indurf«ie. Il n'a pas un denier; il aime la riche Dorimène , il veut l'épouser afin de lui faire partager son cœuc et sa ruine. Il a trouvé, pour atteindre son but, M. Jourdain, une dupe , dont il a finement deviné le caractère et froidement calculé la fortune. L'argent que lui prête le bourgeois, lui servira à faire des cadeaux à la marquise ; le diamant en question paraîtra offert de sa main et par son cœur. Pauvre M. Jourdain I Et M. Jourdain paiera le dîner qu'offrira, à Dorimène, Dorante chez l'infidèle époux ; mais Dorante aura simplement emprunté la maison du bourgeois pour y régaler son ami et son amie.

Pendant que l'on trame les plus perfides machinations contre la sécurité conjugale de M™e Jourdain , elle s'occupe du bonheur de sa fille ; elle veut la marier à un jeune homme, roturier, sans doute, mais de bonne famille, et qui a servi honorablement dans l'armée. Il se nomme Cléonte ; il aime Lucile ; il en est aimé. Cependant, il y a brouille dans le futur ménage ; puis la brouille se débrouille. On s'aime plus que

jamais. L'incident est comique , le môme que celui du Dépit amoureux. Une ombre , un rien a mis deux têtes à l'envers, et deux cœurs sens dessus-dessous ; disons quatre. Nicole aime Covielle, le valet de Cléonte ; elle le déteste, au moment où Lucile hait Cléonte. Chacun boude à sa manière , suivant sa condition ; quand l'amaut revient, l'amante qui suppliait recule et fuit.

CLÉONTE

De grâce !

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