‹ MoliereChapitre 127 sur 253 · SCÈNE V DORANTE, MADAME JOURDAIN, NICOLE · texte numérisé non relu

SCÈNE V DORANTE, MADAME JOURDAIN, NICOLE

DOR.\NTE.

Vous me semblez toute mélancolique. Qu'avez-vous, Madame Jourdain?

MADAME JOURDAIN

J'ai la tête plus grosse que le poing, et si elle n'est pas enflée...

DORANTE

Mademoiselle votre fille, où est-elle, que je ne la vois point?

MADAME JOURDAIN

Mademoiselle ma fille est bien où elle est.

DORANTE

Comment se porte-t-elle?

MADAME JOURDAIN

Elle se porte sur ses deux jambes.

DORANTE

Ne voulez-vous point, un de ces jours, venir voir avec elle le ballet et la comédie que l'on fait chez le roi !

MADAME JOURDAIN

Oui, vraiment, nous avons fort envie de rire; fort envie de rire nous avons !

DORANTE

Je pense, Madame Jourdain, que vous avez eu bien des amants dans votre jeune âge, belle et d'agréable humeur comme vous étiez.

MADAME JOURDAIN

Tredame, Monsieur! est-ce que madame Jourdain est déerépite? et la tête lui grouille-t-elle déjà?

DORANTE

Ah, ma foi, Madame Jourdain, je vous demande pardon; je ne songeois pas que vous êtes jeune; et je rêve le plus souvent. Je vous prie d'excuser mon impertinence.

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