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et Aimé Martin qui donnèrent en 1812, en 1819, en 1822, en 1824- 1826, des éditions de Molière fort remarquées, mais dont les études préliminaires étaient toujours à la remorque de la biographie de Grimarest, Taschereau écrivit son Histoire de la vie et des ouvrages de Molière, le premier livre bien ordonné, complet, vraiment critique qui ait été publié sur ce sujet (1825). L'ouvrage est allé s'amendant, s'améliorant à chaque édition jusqu'à la dernière publiée en 1863. L'auteur avait profité de toutes les découvertes partielles faites autour de la mémoire de Molière. Cette même année (1863) paraissaient les Recherches sur Molière et sur sa famille de M. Eudore Soulié. Les documents fournis par cet infatigable chercheur qui était en même temps un sérieux et pénétrant critique étaient d'une grande importance. S'ils ne détruisaient pas entièrement les affirmations de Taschereau, du moins renouvelaient-ils de fond en comble la biographie de Molière. Entre Taschereau et Soulié, deux chercheurs laborieux et un historien sagace avaient apporté leur contingent au monument définitivement élevé à la gloire de Molière par Eudore Soulié, qui sut tirer parti de leurs trouvailles, L. F. Beffara, avec sa. Disset^tation sur J.-B. Poqueiin-Molière {\S2i), où il était si sûrement informé de l'enfance du poète, de l'origine d'Armande, la femme de Molière, de la famille des Béjarts, Bazin, déjà connu par son Histoire de France sous le règne de Louis XIII et le ministère de Richelieu, avec ses Notes historiques sur la vie de Molière, Jal enfin, l'auteur du Dictionnaire critique de biographie et d'histoit^e, avec ses articles si curieux sur Molière, les Poquelins et les Béjarts.
Nous n'avons rappelé que les noms et les travaux des maîtres : nombre d'érudits et de curieux ont fourni des notes intéressantes à la biographie de Molière établie par Eudore Soulié. Ce n'est pas ici le lieu de dresser la liste de tous ceux qui ont apporté leur pierre à l'édifice. Il faut seulement mettre en garde ceux de nos lecteurs qui voudraient s'instruire auprès de tous les biographes connus du grand poète, contre deux « Moliéristes », regardés longtemps, mais à tort, comme des érudits très sûrs, Paul Lacroix, qui se faisait appeler le plus souvent le bibliophile Jacob, et Edouard Fournier, l'ancien chroniqueur dramatique du journal la Patrie.' MM. Paul Lacroix et Edouard Fournier, le premier, dans ses Collections moliéresques, où les erreurs ne se comptent plus, le second, '
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dans son Roman de Molière (1863), dont les hypothèses ont été l'uinées par les Recherches d'Eudore Soulié, n'ont souvent fait que compliquer la légende qui s'était formée autour du poète.
Depuis Eudore Soulié, de nouvelles et heureuses découvertes sont dues à M. A. Vitu, du Figaro, « qui a fixé l'emplacement de la maison mortuaire de Molière, du jeu de paume des Métayers, son premier théâtre, et de la maison de Poquelin père aux piliers des Halles (I) »; à M. Henri Chardon, l'historien de Madeleine Béjart et du comte de Modène; à M. Jules Loiseleur surtout, l'auteur des Points obscurs de la vie de Molière. Enfin une revue bi-mensuelle, dirigée avec autorité par M. Georges Mon val, archiviste de la Comédie française, pubhe tout ce qui peut intéresser les nombreux amis de Molière, et forme, après huit ans de succès, plusieurs volumes remplis de renseignements utiles et curieux.
Il fallait réunir ces éléments divers d'informations et les fondre dans une biographie qui fût aussi exacte que possible. C'est ce qu'a fait M. Louis Moland dans son livre : Molière, sa vie et ses œuvi^es. C'est ce que fera, avec autant de compétence et de talent, M. Paul Mesnard, le continuateur de Despois pour l'édition du Molière de la Collection des Grands Écrivains, avec cet avantage de plus sur son devancier, qu'il sera venu le second. Deux autres écrivains, l'un mort il y a quelques années , l'autre qui vient de prendre une place distinguée dans la critique contemporaine, ont écrit, à propos de Molière, des livres dont l'histoire du poète est le principal élément, mais non l'objet. Despois, le premier, l'auteur de Y Histoire du théâtre sous Louis XIV, avait été, on le sait, chargé de l'édition savante de Molière à la maison Hachette; il n'a pu que la commencer. M. Gustave Larroumet, le second, dans un récent ouvrage intitulé la Comédie de Molière, a groupé autour du poète, dont il a d'ailleurs ingénieusement reconstitué la physionomie propre, tous ceux qui ont été mêlés à sa vie et ont pu avoir quelque influence sur son talent : son père Poquelin ; son amie, presque son associée, Madeleine Béjart; sa femme, Armande Béjart; son lieutenant, le meilleur interprète de ses comédies après lui, La Grange; enfin son protecteur Louis XIV.
En 1800, les comédiens français, dans une fête qu'ils donnaient
(1) Gustave Larroumet, ouvr. cité.