‹ Molière musicien; notes sur les œuvres de cet illustre maître, et sur les drames de Corneille, Racine, Quinault, Régnard, Montluc, Mailly, Hauteroche, Saint-Évremond, Du Fresny, Palaprat, Dancourt, Lesage, Destouches, J.-J. Rousseau, Beaumarchais, etc.; où se mêlent des considérations sur l'harmonie de la langue françaiseChapitre 54 sur 90 · tome !«', page · texte numérisé non relu

tome !«', page

En son dialogue de rincrédukf Lucien rapporte que la statue d'un général corinthien descendait toutes les nuits de son piédestal , et courait les rues sans faire de mal à personne, pourvu que l'on ne s'opposât point à son passage : dans ses promenades nocturnes, elle chantait même quelquefois.

La statue d'airain du neveu de Dédale courait aussi toute l'Ile de Crète.

Celle d'Hippocrate, qui n'avait qu'un pouce et demi de hauteur, parcourait de même, pendant la nuit^ toute la maison

d'un médecin, dès qu*on avait éteint les lumières, renyersait les bottes , et brouillait les drogues du pauvre docteuf.

Les Épidauriens soutenaient que deux statues placées au milieu de leur ville se mirent à genoux, afin de résister aux Athéniens envoyés pour les enlever, et qu'elles restèrent toujours dans cette posture.

Un écrivain du XIII* siècle dit qu'à Rome, dans le Gapitole^ on voyait autant de statues qu'il y avait de provinces ou de royaumes soumis aux Romains, et chacune avait une sonnette pendue au cou, tellement disposée par magie, qu'aussitôt qu'une nation voulait secouer le joug, la statue de la province voisine, exposée aux premières incursions, agitait vivement sa clochette, en se tournant du coté de son ennemie, comme pour lui faire face.

A la prise de Véies, Furius Gamillus supplia la statue de Junon, de vouloir bien venir, douce et propice, habiter à Rome avec les autres dieux du Gapitole. A cette humble re« quête, la geruilissima staXua répondit favorablement, par un signe de tète et par un oui très bien articulé. Plutàrque, Vie de Furius Camillus.

Voici quelque chose de plus étonnant : — • Dans les vives inquiétudes que les menaces de Coriolan firent éprouver à la capitale du monde, la statue de la Fortune, érigée par les dames romaines, prononça deux fois de suite cesf aroles : — » Femmes, vous m'avez consacrée par une dévotion agréable aux dieux. » Plutàrque, Vie de Coriolan.

Page 1