LE SICIUEN
£t je ne vois pas une éloile Qui montre le bout de son nez.
Sotte condition que celle d'un esclave.
De ne vivre jamais pour soi, £l d*être toujours tout entier Aux passions d*un maître.
Ici la mesure du vers exigeait que Y s àejusques fût retranchée ; Molière la supprime. Il la rétablit pour compléter J'alexandrin cité par Âuger ; et la fait disparaître de nouveau dans cette phrase de prose qu'Adraste dit ensuite, dans la scène XIIP.
— Mais vous persuadé-je jiisqWà vous inspirer quelque peu de bonté pour moi ?»
Tous les Ménage de la terre compteraient en vain par leurs doigts pendant huit jours, huit semaines, sans trouver un seul fantôme de vers dans ces deux lignes de prose, où nulle intention de mesure, de rhythme, de cadence ne se fait remarquer. Si Ton me disait que nos anciens ont souvent employé dans leur prose le moi jtisques, en se servant de l'orthographe que les poètes se sont réservée, je répondrais en lisant le dialogue du Bourgeois getUilhomme , où la versification n\ontre à peine le bout de son nez. On y remarquerait :
— Vous me verrez équipé comme il faut, depuis les pieds
jusqu'à la tôte. » Acte i, scène 2.
— Et TR, en portant le bout de la langue jusqu'au haut du palais. » Acte ii, scène 6.
— Vraiment, on n'a pas attendu jusqu'à cette heure.