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Lm eomédlens français représenteront aujonrd'hni le Misanthrope^ Tartuffi 01) l'avare.
m BOURGSOIS,
El, que (jiable, ioniouTà le Misanthrope, Tartufe om IfÂvare^ Es(-oe que vous ne donnerez jamais V École des Femmes ?
LEGKA}ii>^ la Nouveauté, scènes, 1727,
Dans les titres de nos anciennes pièces de thé&tre, on voit l'article précéder les noms propres. A l'imitation des Italiens, Mayrett du Byer et leurs contemporains écrivaient encore en 1646 ; la Sofphonisbe, le Marc Antoim et la Cléopàlret l'Argéfiis, le Cléomédûn, le Scivole, Pierre Corneille se garda bien de suivre cet usage) qui du reste n'était pas général. En 1620, il intitulait sa première comédie Mélite et non pas la Mélite, Trois ans après» sa deuii&me pièce avait nom tout simple-^ mwiClitandre*
Lorsqu'un simplesubstanlif, uq adjectif, ou bien l'unotrau-i Ire figurent sur le titre d'un drame, d'une épopée, l'articlo doit les précéder. On écrit donc alors /eAfen^cwr, lesFachtiiXy la Mètromanie^ le Bourgeois gentilhommef les Femmes samiUes^ la Fausse Agnès, l* Iliade, l'Éiiéide, le Lutrin^ lallenriade, le Paradis perrfw, la Divine Comédie. On suivra la môme règle s'il s'agit d'un animal ou d'un objet inanimé, par exemple la PiotiO'» leuse, la Yvette ^ le Lac des Fées, le Mercure galant L'article, devenu partie intégrante du titre, ne saurait en être séparé sans dommage, et sans commettre une faute grossière de typographie. Si le mot est souligné, s'il est mis en italiques, l'article doit l'être aussi. Journaliste musicien, voilà trente ans sonnés que je bataille avec les correcteurs et les impri-
meurs, voilà six lustres que je leur dis et répète qu'il n'existe au monde aucune pièce intitulée Menteuvy VestoUy Juivty Pie vokusey Barbier de Séville, Fourberies de ScaptUy Violette^ aucune épopée appelée Iliade ^ Enéide^ Lutrin^ Henriadey Paradis perdu. Je demande en vain à ces typographes des millions de Uy la, lesy en italiques. Bien mieux ! ils ne veulent pas comprendre que la feuille qu'ils impriment, ou qu'ils citent, a pour nom le Cofislitutionnely la Pressey le NationaXy la Patrie, et qu'il ne s'est jamais appelé Coristitutionnely Presse, Naiionaly Patrie tout court. J'avais beau leur redire que l'article, étant le prélude obligé de certains titres, il fallait absolument, et dans toute la rigueur de la grammaire, écrire, dans leurs citations, le Constitutionnel, la Patrie, comme on écrite Tridenty la Victorieuse quand il s'agit d'un vaisseau de ligne ou d'une frégate. Vaines réclamations 1 bi je voyais pendant quelques jours le Barbier, la Favorite ou les Mousquetaires figurer décemment dans mes feuilletons, j'avais bientôt la douleur de retrouver ces titres incomplets ; et, lecteur désappointé, j'étais obligé de chercher mes le, la, les, égarés, confondus, parmi les caractères romains, et pour ainsi dire effacés.
Oserai-je dire que la fleur des lexicographes, que les correcteurs de l'Imprimerie nationale, entraînés sans doute par un faux système, ne sont pas exempts de ces erreurs? Une page qu'ils ont vue, revue et corrigée, en 1850, offre à l'œil étonné des phrases peintes de cette manière :
— Voltaire a trouvé cette formule dans le temps qu'il composait la Henriade (lisez ou, pour mieux dire, voyez la Hmriade). »
— Et parce que la Franciade (voyez la Franciade) de Ronsard, le Clovis, de Desmarets etc. »
Le Clomsy le Moïse, le Roland, et même le Cinna, la Phèdre seront ici correctement représentés à l'œil, parce que ces poèmes portent le nom de leur héros (Ctoris), et non pas l'annonce qui promet le récit des actions, des aventures d'un héros (l'Odysséey la Henriadé)y ou celui des événements accomplis dans un royaume {la Franciade), dans une ville et ses
enlours {P Iliade) ^ dans un jardin (le Paradis perdu). L'article fait ici partie intégrante du titre, il faut donc rigoureusement le souligner aussi. Ce que je dis pour la première page du volume se rapporte aux 198 qui la suivent : les mêmes erreurs typographiques s'y reproduisent. Voyez Introduction
à la chanson de Roland^ etc., par F. Génin^ etc. Paris, Imprimerie nationale, 18M.